News du 23 février 2015

Les sardines migrent vers le nord

Banc de sardines

Le réchauffement des mers incite sardines, anchois et maquereaux à remonter vers des eaux plus fraiches au nord, révèle un suivi de ces espèces sur quarante ans.

RECHAUFFEMENT. Après une pause, entre 2000 et 2013, la hausse des températures des mers et océans s’est accentuée en 2014. Elle a été plus importante dans le Pacifique l’année dernière mais sur les trente dernières années, c’est l’Atlantique nord qui s’est le plus réchauffé, avec une augmentation de la température moyenne de 1,3°C. Ces varaitions affectent directement la répartition de certains poissons révèle une vaste étude publiée dans la revue Global Change Biology.

Le travail mené par des scientifiques de l’université de Barcelone repose sur l’analyse des stocks de poissons autour de l'Europe. Elle porte plus particulièrement sur un groupe de poissons pélagiques qui comprend la sardine (Sardina pilchardus), l'anchois (Engraulis encrasicolus), le chinchard (Trachurus trachurus) et le maquereau (Scomber scombrus). Les chercheurs ont analysé 57.000 recensements de poissons réalisés le long du plateau continental européen par des pêcheurs professionnels. Et ils se sont focalisés sur la mer du Nord.

BIOINDICATEUR. Les résultats révèlent que les sardines et d’autres poissons avec des cycles de vie rapide sont très vulnérables aux changements de température des océans. Ils représentent donc "un bioindicateur exceptionnel pour mesurer la direction et la vitesse du changement climatique prévu dans un avenir proche", souligne Ignasi Montero-Serra, de l'université de Barcelone. A cause du réchauffement, sardines et anchois qui ont habituellement une distribution subtropicale, ont renforcé leur présence en mer du Nord et s’aventurent maintenant dans la Baltique. "Les espèces en mer du Nord et dans la Baltique sont de plus en plus subtropicales", souligne le scientifique.

Selon les chercheurs, les changements affectant un groupe écologique de cette importance "auront un effet sur la structure et le fonctionnement de l'ensemble de l'écosystème". En effet, ces poissons se nourrissent de plancton et servent de pâture à des prédateurs plus grands. Un changement de répartition des populations de sardines influera donc sur d’autres maillons de la chaîne alimentaire. Jusqu’à l’homme insiste Ignasi Montero-Serra : "les villes côtières qui sont fortement tributaires de ces ressources halieutiques doivent s’adapter aux nouveaux contextes écologiques et aux conséquences possibles de ces changements, même si leur ampleur reste encore difficile à prévoir".

Joël Ignasse, Sciences et avenir, 20 février 2015.

Manche-est : les nourriceries de soles protégées

2015 02 24 17h57 24

Un régime de gestion est créé pour la sole de Manche est : il limite la longueur des filets et l’effort de pêche, et préserve les zones de nourriceries en y interdisant les arts traînants.

Proposées par le Comité national des pêches (CNPMEM) et négociées en décembre lors du conseil des ministres sur les Tac (totaux annuels de capture) et quotas, ces mesures avaient permis de limiter la réduction du total annuel de capture (Tac) à 28 % au lieu des 60 % proposés par la Commission européenne (en zone CIEM VIId).

L’arrêté, qui vient d’être publié au Journal officiel du 1er février, crée une autorisation nationale de pêche (ANP) pour les fileyeurs et chalutiers à perche. Il limite leur effort en jours de pêche, avec une réduction de 10 % en 2015, et leur impose une balise VMS pour faciliter le suivi de cet effort. La longueur des filets ne doit pas excéder 1 km par mètre linéaire de navire. Enfin, trois zones de nourriceries de sole dans les 3 milles sont définies et interdites aux engins traînants (sennes, chaluts de fond, dragues). Par ailleurs, les soles sous-taille capturées doivent être rapidement remises à la mer pour améliorer leur survie.

© Le Marin - février 2015

Résultats encourageants des semis de coques en Petite mer de Gâvres

Bt coques

Trois mois après le réensemencement de 20 tonnes de naissains de coques sur une zone de 6 000 m² en Petite mer de Gâvres, le comité des pêches du Morbihan a présenté des premiers résultats encourageants du projet qu’il a initié.

« Le taux de survie des juvéniles est d’environ 65 %, souligne un communiqué du 3 février, qui relève aussi une augmentation de leur taille. La biomasse est aujourd’hui proche de celle semée le 30 octobre. »

Notant par ailleurs « la présence de coques autour de la zone ensemencée », le comité estime que « le semis a pris », même si « des facteurs environnementaux exogènes (comme un excès d’eau douce suite au lâcher du barrage de Guerlédan) peuvent toujours menacer le succès ».

Cette opération expérimentale vise à relancer le principal gisement de coques du Morbihan, dont le volume commercial est tombé de 292 tonnes en 2011 à 25 tonnes en 2014. Elle nécessite une fermeture jusqu’en avril 2016 de la zone ensemencée, soit 3 % de la Petite mer de Gâvres.

Une mesure qui a soulevé l’indignation de nombreux riverains et pêcheurs amateurs. Également opposé à cette mesure, le maire de Gâvres, Dominique Le Vouédec, fait état d’« une perte au moins supérieure à 50 % de la biomasse ».

© Le Marin - février 2015

Sélectivité : les pêcheurs ont testé des dispositifs prometteurs

Chalut selectif

Pêcheurs et scientifiques de l’Ifremer testent plusieurs dispositifs pour améliorer la sélectivité et réduire les rejets, à travers le projet Redresse, dans le golfe de Gascogne. Les résultats intermédiaires, communiqués mi-février par l’Aglia, sont encourageants.

Six chalutiers de fonds du Guilvinec, Lorient et Le Croisic ont testé au second semestre de 2014 sept dispositifs (quatre pour le métier langoustine, trois pour le métier poisson) durant 65 jours de mer, en présence d’un observateur. Il se dégage déjà de bonnes tendances de ces 160 traits.

À la langoustine, des effets notables sur la réduction des rejets sont observés avec la réduction du nombre de mailles au périmètre sur la partie droite (rallonge plus cul), comme avec le dispositif mêlant rallonge en T90 et cul en maille losange de 70 mm. Reste à évaluer le taux d’échappement des captures hors taille, et les pertes commerciales. Le chalut à nappe séparatrice fait parfaitement son œuvre. Par contre le dispositif associant boule dispersive et panneau à mailles carrées merlu « ne semble pas avoir d’effet majeur sur la réduction des rejets », indique l’Aglia.

Pour les métiers « poisson » et « céphalopode », le dispositif le plus prometteur pour les espèces benthiques semble être le T90 en 70 mm dans la partie droite. Sur la baudroie, la raie et la cardine, il réduit de façon importante les rejets et le benthos (étoiles, sable, gravier), sans pertes commerciales. Les deux autres dispositifs réduiraient aussi les rejets : panneau à mailles carrées ventrales de 100 mm de jauge ;  et cylindre à mailles carrées (80 mm de jauge) sur 2 mètres de long.

Les résultats définitifs devraient être connus dans quelques semaines, comme l’incidence socio-économique de ces dispositifs.

© Le Marin - février 2015

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