Australie: du "bricolage" pour la Grande Barrière

Le gouvernement australien a annoncé, le 22 janvier, un plan de 60 millions de dollars australiens (39 millions d'euros) pour sauver la Grande Barrière de Corail. Des mesures critiquées quant à leur réelle efficacité.

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Les moyens mis à disposition pour lutter contre le blanchiment du corail sont insuffisants selon des ONG australiennes. © DR

Plusieurs mesures vont être financées, pour une durée de 18 mois. Dont très peu serviront à la lutte contre le réchauffement.

37 millions de dollars seront spécifiquement alloués pour «aider les agriculteurs à arrêter le ruissellement» afin d’améliorer la qualité de l’eau, a déclaré le premier ministre Malcom Turnbull. Le but ? Construire des rigoles et des fossés pour ralentir l’écoulement des engrais et pesticides dans les rivières, et donc sur les récifs coralliens.

Subventions pour les opérateurs touristiques

15 millions seront aussi mis à disposition pour lutter contre les invasions d’étoiles de mer qui se nourrissent de corail. Selon Malcom Turnbull, il y a un «lien très fort» entre la pollution de l’eau et les épisodes d’étoiles de mer couronne d’épines.

Des actions en ce sens avaient déjà été menées mais des recherches avaient souligné l'inefficacité des moyens déployés voire l'aggravation des problèmes. Dans son édition du 20 janvier, le Guardian Australia a même révélé que les opérateurs touristiques avaient reçu et continuent de recevoir des millions de dollars de subventions pour abattre l’étoile de mer couronne d’épines.

Idem pour les deux millions de dollars qui devraient être consacrés à l’installation de ventilateurs géants dans de petites zones, pour refroidir l’eau. Inefficaces et dangereux pour le corail a tranché un panel d'experts.

Six millions de dollars serviront directement à la recherche. Ils seront alloués à l’Institut australien des sciences de la mer afin de financer des études et de trouver des solutions pour le blanchiment de corail. «Ces interventions peuvent être divisées en deux catégories, a précisé Line Bay, chercheuse principale et chef d'équipe à l'Institut. Celles qui visent à prévenir les effets du réchauffement et celles qui pourraient aider à réparer si des dommages surviennent.»

Parmi les solutions les plus efficaces, le déplacement de souches de corail de la partie nord, aux eaux plus chaudes, vers le sud du pays où les eaux sont plus tempérées.

«Bricolage à la marge»

Cependant, l’ensemble de ces mesures ne satisfait pas toutes les ONG écologistes. Greenpeace Australie Pacifique a ainsi qualifié le financement pour les agriculteurs de «bricolage à la marge», qui ne s’attaque pas au fond du problème. «Le changement climatique alimenté par le charbon tue le récif, mais au lieu d'éliminer progressivement les combustibles fossiles et de soutenir la mine Carmichael d'Adani, le Premier ministre et Josh Frydenberg (NDLR : le ministre de l'environnement et de l'énergie) traitent à nouveau les symptômes du problème», a déclaré Nikola Casule, le responsable du climat et de l'énergie à l’ONG.

L'opposition travailliste a concédé que ces ressources supplémentaires étaient «bonnes autant que possible», mais que sans une action appropriée sur le changement climatique «il est clair que ce gouvernement a abandonné le récif».

Kévin STORME - © Le Marin - http://www.lemarin.fr/secteurs-activites/environnement/30466-60-millions-de-dollars-pour-la-grande-barriere-de-corail

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