L’appel à boycotter le bar en février-mars fait réagir

Le mouvement de boycott du bar en hiver prend de l’ampleur. La protestation contre la pêche du bar sur frayère s’amplifie, venant de pêcheurs professionnels et amateurs. FranceAgrimer le déplore tandis que le groupe Mericq s’engage.

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La pêche du bar en hiver est de plus en plus décriée. Ici, du bar de chalut de fond, en mars 2017 à la criée de Cherbourg. © Lionel FLAGEUL

La Plateforme de la petite pêche artisanale française a rappelé récemment ses craintes pour la ressource, sa demande de moratoire en février et mars et sa pétition lancée il y a un an, «Messieurs les distributeurs, cessez de vendre du bar lors de la période de reproduction».

Elle a recueilli à ce jour plus de 5.300 signatures. Des pêcheurs plaisanciers ont aussi créé il y a trois semaines un groupe sur Facebook et une pétition «Non au bar sur les étals de janvier à mars», qui dépasse les 8.700 signatures.

Ce mouvement serait parti de Vendée et a vite pris une ampleur nationale. Des membres vont vérifier les étals et interpeller les commerçants.

Des engagements contrastés

Des acteurs importants du marché se sont engagés à ne plus vendre de bar en cette période, comme le groupe Mericq, l’un des leaders français du mareyage (38.600 tonnes par an, 700 personnes, 274 millions d’euros de chiffre d’affaires). Il s’engage, «en février et mars, à commercialiser uniquement des bars issus de la pêche à la ligne, des loups de Méditerranée ou des bars d’élevage», et à stopper «la commercialisation du bar sauvage issu de méthodes de pêche non sélectives». Cet engagement signifié à ses clients depuis début février a vite entraîné une chute des prix.

À contre-courant, le conseil spécialisé pêche de FranceAgrimer, interpellé par les représentants de la filière déplorant des menaces et intimidations, a exprimé sa «solidarité avec les professionnels de la production et de la commercialisation du bar». Le conseil insiste sur les mesures de gestion croissantes sur cette espèce (rappelées ci-dessous) et la légalité de sa pêche.

Des plaisanciers très remontés au nord

Un autre mouvement de contestation monte en zone nord : certes il y a le moratoire total sur la pêche du bar en février-mars, mais les plaisanciers sont très remontés, cette fois, contre la nouvelle réglementation européenne les privant totalement de pêche du bar, toute l’année (sauf en no-kill).

Les associations de pêche de loisirs de Normandie prévoient de manifester le samedi 10 février, de 10 à 12 heures sur le pont de Normandie.

Du côté des associations bretonnes de pêche plaisance, les deux revendications se mêlent : pouvoir pêcher un minimum au nord et limiter davantage les professionnels en février-mars au sud.

Solène LE ROUX - © Le Marin - http://www.lemarin.fr/secteurs-activites/peche/30607-lappel-boycotter-le-bar-en-fevrier-mars-fait-reagir

Rappel : l’encadrement de la pêche du bar en 2018

En zone nord : les métiers de l’hameçon peuvent pêcher d’avril à janvier (fermeture en février-mars), dans la limite de 5 tonnes par an. Les autres engins, sous moratoire, peuvent seulement débarquer des prises accessoires (sauf en février-mars), limitées à 1,2 tonne par an au filet, 100 kg/mois au chalut de fond (dans la limite de 1 % de la capture totale journalière) et 180 kg/mois pour les senneurs, avec la même limite journalière. Pêche récréative : seule la pêche avec remise à l’eau (no-kill) est autorisée, toute l’année. L’encadrement se fait aussi par les licences et la taille minimale à 42 cm.

Dans le golfe de Gascogne : la pêche est encadrée par les licences, la taille minimale à 38 cm, mais aussi par un plafond global de capture de 2 241 tonnes en 2018 (en baisse de 10 % par rapport à 2017 suite au constat du Ciem d’une légère baisse de l’indice de biomasse). Des limites de capture par quinzaine sont fixées par métier, ainsi que des limites annuelles par catégories de licences (selon les métiers et la pêche ciblée ou accessoire). Ces limites ont baissé en 2018. La pêche récréative est limitée à trois bars par personne et par jour.

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