La Norvège se lance dans l'élevage de saumon en haute mer

Elle doit accueillir plus d'un million de saumons... Depuis quelques mois, une structure géante aux allures de grand manège jaune, présentée comme la première ferme offshore aquacole au monde, flotte au large de la Norvège, symbole de l'immense ambition du plus gros producteur de la planète.

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Une ferme offshore aquacole titanesque flotte depuis quelques mois au large de la Norvège. Elle pourrait accueillir à plein régime 1,1 million de saumon. — Charly TRIBALLEAU / AFP

250.000 mètres cubes pour 1,1 million de saumons

Les dimensions de ce projet titanesque de la firme Salmar, qui se présente comme le 4e producteur mondial, sont sans commune mesure avec les fermes traditionnelles qui fourmillent à l'intérieur des fjords : 110 mètres de diamètre, contre 50 mètres pour une ferme lambda, 68 mètres de profondeur contre 20 à 40 mètres pour les structures qui existaient jusque-là.

En tout, 250.000 mètres cubes de contenance pour accueillir, si tout va bien, 1,1 million de saumons. Et un coût de 75 millions d'euros pour cette seule installation.

Globalement, «la production se trouve à 95% entre le rivage et l'océan», explique à l'AFP Trond Williksen, PDG de Salmar, qui estime que la «possibilité de développer l'industrie dans cette zone est devenue limitée».

Greanpeace craint les risques d’évasion

Parmi les principales vertus de ce «projet-pilote», il met en avant la moindre concentration de fermes dans cette zone, un atout selon lui pour lutter contre la prolifération du pou de mer, ce parasite qui peut entraîner une forte mortalité des saumons d'élevage mais aussi (par ricochet) du saumon sauvage qui passe à proximité lorsqu'il quitte les rivières pour l'océan.

«A ce jour, nous avons zéro pou de mer, mais nous n'en sommes qu'au début», déclare prudemment Trond Williksen.

Le fort courant qui traverse l'immense cage, installée à quelque 5 miles nautiques des côtes norvégiennes, pourrait également faciliter la dispersion des déjections des saumons, souvent montrées du doigt par les ONG pour la pollution des fonds marins.

Mais «ces fermes seront également plus exposées aux intempéries et aux vagues, qui risquent d'augmenter les risques de dégradations des cages et donc d'évasion de saumons d'élevage», susceptibles de dénaturer et de fragiliser génétiquement le saumon sauvage, selon Truls Gulowsen, responsable de Greenpeace Norvège.

L’avenir, c’est l’élevage offshore ?

Trond Williksen indique que cette structure dessinée en Norvège et construite en Chine, avant d'être convoyée par cargo, est conçue selon des principes éprouvés par les plateformes pétrolières pour prévenir tout incident majeur en cas d'ouragan.

Si l'installation est entièrement automatisée, 12 personnes, réparties en deux équipes, y travaillent et assurent une présence humaine 24 heures sur 24.

Trond Williksen pense que l'activité aquacole restera majoritairement à proximité des côtes, mais qu'il faut «absolument développer l'élevage offshore»: Salmar «ne sera pas le seul».

© AFP/2017

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