Climat : le Pacifique sud-ouest pourrait perdre 80 % de ses poissons

Les pays insulaires situés au sud-ouest du Pacifique pourraient perdre entre 50 et 80% de leur réserve halieutique d’ici à la fin du siècle si le changement climatique n’est pas enrayé…. (et sans prendre en compte, la surpêche chinoise et la pêche illégale vietnamienne et indonésienne*).

2017 11 17 17h18 12

Les ressources halieutiques dans le Pacifique sud-ouest pourraient baisser de 80 % à l'horizon 2100. (Carte : Google Maps)

C’est la conclusion d’une étude du programme Nereus, piloté par la Nippon foundation et l’université de Colombie britannique, et publiée récemment dans la revue Marine policy. Les chercheurs expliquent que cette zone du Pacifique devrait être la plus touchée par le changement climatique.

«Avec le changement climatique, la région des îles du Pacifique devrait devenir plus chaude, moins oxygénée, plus acide, et avoir une production de plancton inférieure à la moyenne des océans, détaille Rebecca Asch, chercheuse sur le programme Nereus. Nous avons constaté que l’extinction locale des espèces marines pourrait dépasser 50 % des niveaux actuels de la biodiversité dans de nombreuses régions et même atteindre 80 %.»

Conséquences dramatiques sur la pêche

Le sud-ouest du Pacifique est la zone la plus chaude de l’océan mondial et le climat équatorial empêche les variabilités saisonnières. Le réchauffement de l’eau, sans possibilité de refroidissement saisonnier, pourrait donc être fatal aux populations de certains poissons.

«Un réchauffement supplémentaire poussera la température de l’océan au-delà des conditions que les organismes ont connues depuis le début de la dernière ère géologique dans cette région, s’inquiète Gabriel Reygondeau, coauteur de l’étude. Aucun organisme vivant dans l’océan aujourd’hui n’ayant le temps de s’adapter à ces conditions plus chaudes, beaucoup disparaîtront ou quitteront le Pacifique occidental.»

Les chercheurs ont étudié les effets du changement climatique sur un millier d’espèces vivant en eaux libres et sur les récifs. Les deux groupes ont subi des déclins considérables, mais les taux étaient plus élevés chez les espèces vivant en pleine mer. Une zone où se concentrent l’essentiel des stocks de pêche.

Dans des pays où la survie des populations et l’économie dépendent en grande partie de la pêche, les conséquences pourraient être dramatiques, s'alarment les auteurs de l’étude.

Kévin STORME - © Le Marin (abonnés)

(*) Lire aussi :

Les états du Pacifique se font piller leurs ressources

La république des Palaos (ou Palau), vous connaissez ?

Ajouter un commentaire

Code incorrect ! Essayez à nouveau