Pèche chinoise : les états du Pacifique se font piller leurs ressources

Selon le site Global Fishing Watch, tous les états indépendants du pacifique sud se font prendre leurs ressources halieutiques par les bateaux de pêche Chinois.

Peche chinois

Déplacement et activité de la flotte des navires de pêche chinois de mai 2017 à octobre 2017 © Global Fishing Watch

Selon le site Global Fishing Watch qui recense et cartographie les déplacements et l’activité des bateaux de pêche chinois dans le monde, s’agissant de la zone tropicale sud de l’océan Pacifique, les deux seules grandes régions qui, ces derniers mois, n’ont pas été “occupées” sont celles de la Polynésie Française et de la Nouvelle-Calédonie. Fidji, Nauru, Tonga, le Vanuatu, tous les territoires ayant accédé au statut d’état souverain ont désormais un point commun : les navires chinois pèchent abondamment dans l’ensemble de leur zone économique exclusive.

Et que ces bateaux le fassent sans autorisation ou tout simplement en payant pour obtenir celle-ci auprès de leurs autorités gouvernementales, leurs ressources vivantes aquatiques finissent dans des cales chinoises…

Sur la carte de Global Fishing Watch, partagée sur le réseau social Twitter, on observe que les eaux côtières d’îles comme le Vanuatu, Suva ou encore Fidji «pullulent» de bateaux chinois alors que d’un autre côté, l’ensemble des territoires qui sont considérés comme de grandes puissances en sont exempts.

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© Global Fishing Watch

Ainsi, autour d’Hawai (USA), de la Nouvelle-Zélande, de l’Australie, de la Polynésie Française, de la Nouvelle-Calédonie ou même de Wallis et Futuna les navires chinois semblent être «persona non grata» puisqu’ils ne semblent pas avoir le droit de pêcher dans leurs eaux et ne s’y aventurent pas sauf pour faire escale dans leurs ports (par exemple à Papeete).

Une situation qui n’a pas manqué de faire réagir les internautes qui y voient la trace d’une nouvelle colonisation des états indépendants de la zone :

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Cette occupation du pacifique sud par les navires de pêche chinois s’explique par la raréfaction voire la quasi-disparition des ressources aquatiques en mer de Chine et sur les côtes de l’Asie. Du fait du développement économique et démographique du pays, la population Chinoise est désormais encline à consommer davantage du poisson ou des denrées provenant de la mer et à payer plus chère pour cela.

Les ressources se faisant rares, ils vont donc les chercher plus loin. Comme le déclarait en début d’année à propos des holothuries Pascal Dumas, chercheur à l’IRD : “tous les pays asiatiques ont épuisé leurs ressources. Aujourd’hui, les prix peuvent grimper jusqu’à 1.000 ou 2.000 euros le kilo”.

C’est ainsi que les navires chinois «profitent» des faibles niveaux de vie de nombreux petits états de la zone pour louer ou acheter des zones de pêche dans leurs eaux et y faire des récoltes importantes.

Se faisant, malheureusement, ils les privent de leurs ressources et mettent à mal l’ensemble de leurs écosystèmes marins. Une situation que n’ont pas à souffrir les états disposant de moyens de surveillance, notamment militaires.

Cette année, la marine nationale a ainsi arraisonné plusieurs «Blue Boat», ces bateaux vietnamiens venus illégalement pécher dans la ZEE calédonienne et qui, selon les Forces Armées de la Nouvelle-Calédonie (FANC), «pourraient être ravitaillés au Vanuatu ou aux îles Salomon ce qui leur permettraient d’opérer sur de longs mois».

Info: Global Fishing Watch est un site internet lancé par le géant Google en partenariat avec SkyTrust, une ONG environnementale. Soutenu par des mécènes (tel Léonardo Di Caprio) le site permet de visualiser en temps réel quelques 200.000 navires de pêche sur tous les océans et de vérifier et de surveiller si les ZEE et les zones marines protégées sont bien respectées par les chalutiers ou les bateaux-usines.

© Caledo-Sphère - https://caledosphere.com/2017/11/07/peche-chinoise-etats-independants-pacifique-se-piller-leurs-ressources/

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