La ciguatera, une maladie qui inquiète l'Europe

La ciguatera ne vous dit sûrement rien. Peu étudiée dans nos contrées, cette intoxication commence à faire parler d’elle en Europe après que les cas de maladies se soient multipliés ces derniers mois.

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© William West / AFP

La ciguatera, aussi appelée la «gratte» en Nouvelle-Calédonie, est une intoxication alimentaire qui se manifeste après avoir mangé du poisson.

Sous-évalué, le nombre de malades est particulièrement préoccupant dans les régions chaudes, notamment en Polynésie. Des scientifiques craignent son développement. Des cas ont déjà été identifiés en Europe.

La ciguatera ne vous dit sûrement rien. Peu étudiée dans nos contrées, cette intoxication commence à faire parler d’elle en Europe après que les cas de malades se sont multipliés ces derniers mois, alertent des chercheurs allemands dans Sciences et avenir.

Dans les zones tropicales, le problème n’est pas nouveau. L’explorateur anglais James Cook l’aurait déjà vérifié au XVIIIe siècle. Tout part d’une algue, la Gambierdiscus toxicus.

Courante dans les eaux chaudes des récifs coralliens, cette plante peut se développer après le passage d’un cyclone ou de la main de l’homme qui construit sur les littoraux par exemple. Abîmés, les coraux blanchissent et meurent, puis voient affluer des macro-algues qui sont broutées par des petits poissons herbivores. La chaîne alimentaire fait le reste : ces poissons herbivores sont mangés par de plus gros poissons carnivores, qui sont à leur tour pêchés et mangés par l’homme.

Nausées, grosses fatigues

Zinfos 974, site d’information de l’île de La Réunion, relatait en mars dernier la mésaventure d’un pêcheur local touché par la ciguatera. Nausées, diarrhées, grosses fatigues, inversion des sensations de chaud et de froid : les symptômes sont faciles à repérer, contrairement aux signes extérieurs de présence de la maladie, indétectables pour l’homme.

Même cuit, le poisson conserve la toxine intacte. Et les conséquences à long terme peuvent parfois être irréversibles, puisque des cas de paralysie et de coma ont déjà été observés.

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Si à La Réunion les quelques exemples restent rares et ont surtout permis de justifier la chasse au requin, le phénomène est beaucoup plus préoccupant en Polynésie, où des milliers de personnes sont touchées chaque année. « 350 cas officiels par an » sont dénombrés à Tahiti et ses environs, estimait l’été dernier Mireille Chinain, chef du laboratoire des micro-algues toxiques à l’Institut Malardé, dans une interview au journal Tahiti Infos. « Mais on pense que ce chiffre devrait être multiplié par deux, voire cinq. »

Pas de traitement

Avec le réchauffement climatique, la toxine se multiplierait dans les eaux situées plus au nord, comme les îles Canaries récemment. En France, ce sont surtout des cas « importés » des Dom-Tom qui sont responsables de la propagation : le tourisme – et les échanges qu’il implique – n’est évidemment pas sans conséquences.

En l’absence de traitement, les experts conseillent avant tout aux locaux de repérer les poissons herbivores qui broutent les macro-algues responsables de l’intoxication.

En France comme en Europe, l’intérêt porté à la ciguatera reste limité, même si un programme créé par des chercheurs européens, nommé «Eurocigua», tente désormais d’identifier les cas d’intoxication.

Denis BLIN - © Ouest-France - https://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/data/3987/reader/reader.html?utm_source=neolane_of-eds_newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=lienarticle&utm_content=20170704#!preferred/1/package/3987/pub/5454/page/7

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