La mer, victime des cosmétiques

La commission européenne a publié fin janvier sa feuille de route sur les plastiques. La priorité est de réduire leur fuite dans l'environnement. Le problème est vaste. Les plastiques sont partout, y compris dans certains produits cosmétiques.

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Les déchets plastiques sont plus qu'abondants sur notre littoral, on estime que les fonds marins abriteraient 10 millions de tonnes de plastiques. Le bassin nord-occidental de la Méditerranée compte à lui seul 290 milliards de micro-déchets. Image du site de l'Institut des 5 gyres, basé en californie - © DR

Le 7e continent est en mer

Il est constitué de plusieurs zones d’accumulation de plastiques, souvent issus de notre consommation. Dans cette soupe de plastiques, quelques gros morceaux, et beaucoup de très petits déchets.

Même si nous pensons être irréprochables, nous participons, sans le savoir, à créer ce 7e continent si nous utilisons des crèmes exfoliantes, du dentifrice ou des gels douche contenant des microbilles en polyéthylène.

Selon Alexandra Ter-Halle, responsable scientifique des expéditions 7e continent, ces microbilles sont ingérées par les animaux marins qui les prennent pour du plancton. Elles s'accumulent dans les organismes et finissent par tuer. Ces microbilles sont aussi pleines de produits chimiques très mauvais pour l'environnement.

Ces microbilles seront interdites en France en 2018 dans les cosmétiques

Mais elles seront toujours autorisées dans les lessives et les détergents. Les cotons tiges en plastique devraient, eux, disparaître en 2020. Les cotons-tiges flottent et ne sont pas, non plus biens traités par les stations d’épuration. Les déchets plastiques représentent 80% des déchets aquatiques. Pour éviter d'en rajouter, le consommateur peut agir.

Les microbilles apparaissent sous le nom de polyéthylène. On peut leur préférer des formules à base de noyaux. Et puis, même si les sacs à usage unique sont interdits en France depuis le 1er janvier, des sacs, plus épais, sont toujours distribués [1]. Il faut essayer d’en limiter l’usage.

La solution viendrait peut-être d’Indonésie [2], où sont fabriqués des sacs faits avec du manioc. Ils se décomposent en quelques mois, et peuvent être ingérés sans danger. Pour le moment, ces sacs ne sont distribués qu’à Bali.

Fabienne Chauvière - © franceinfo - http://www.francetvinfo.fr/replay-radio/question-de-choix/question-de-choix-la-mer-victime-des-cosmetiques_2053493.html#xtor=CS2-765-[twitter]-

[1] Depuis l’interdiction, en France, des sacs en plastique à usage unique, la grande distribution met à disposition du consommateur des sachets biodégradables et compostables fabriqués avec… seulement 30 à 50% de matières organiques.

Par ailleurs, dans la nature, pour qu’il y ait compostage, il faut de l’oxygène et de la chaleur. Ce qui n’est pas le cas dans l’océan.

En d’autre termes, les habitants aquatiques ont tout loisir de continuer de se nourrir de plastique - certes, de façon moindre - à condition que le consommateur, rassuré par la mise en avant de ses «avantages biologiques» ne se sente pas dédouané d’un abandon dans la nature.

[2] Un entrepreneur indonésien s'attaque au fléau (des sacs en) plastique : http://www.loceanalabouche.com/pages/newsletters/news-2017/fevrier-2017/17-janvier/un-entrepreneur-indonesien-s-attaque-au-fleau-des-sacs-en-plastique.html

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