Évaluer le stock pour préserver la coquille Saint-Jacques en baie de Saint-Brieuc

Chaque année, l’Ifremer, grâce à sa campagne COSB, offre une estimation précise du stock de coquilles Saint-Jacques en baie de Saint-Brieuc. Des informations précieuses qui permettent d’ajuster l’effort de pêche à l’état de la ressource.

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Coquille Saint-Jacques (pecten maximus) - ©Ifremer - Olivier Dugornay

Menée chaque année par l’Ifremer depuis 1986, la campagne océanographique COSB permet d’évaluer l'abondance de l’espèce Pecten maximus en baie de Saint-Brieuc. La campagne 2016 démarrera le 1er septembre 2016, pour une durée de deux semaines, à bord du Thalia. «Les résultats de 2016 offriront une estimation précise du stock de coquilles Saint-Jacques avant la campagne de pêche 2016-2017, qui débutera en novembre. L’Ifremer communiquera ses prévisions aux gestionnaires qui pourront ainsi organiser la pêche en conséquence», explique Spyros Fifas, chercheur au Laboratoire de Biologie Halieutique à l’Ifremer.

Le même protocole d'échantillonnage est utilisé depuis 25 ans afin d’avoir une vision claire de l’évolution de la ressource. Les travaux de prélèvement consistent à effectuer 115 traits de drague, d’une longueur de 200 mètres chacun, répartis dans 6 zones géographiques de la baie. Les spécimens récoltés sont comptés, classés par tranche d’âge et mesurés.

«Ces données recueillies permettent d’estimer la structure démographique et géographique de la population au sein de la baie et d’avoir ainsi une visibilité sur les trois prochaines saisons. En France, il s’agit du seul stock de coquilles Saint-Jacques pour lequel nous effectuons des projections aussi fiables sur le moyen terme», souligne Spyros Fifas.

Afin de préserver le «trésor de la baie», la pêche est très règlementée : deux jours de pêche par semaine et des sorties limitées à 45 minutes. Une gestion drastique voulue par les pêcheurs eux même. En baie de Saint-Brieuc, la coquille ne peut se reproduire qu’en été. Une surpêche aurait des effets d’autant plus désastreux.

«Actuellement, l’état de la biomasse est relativement stable mais il a décliné au cours des dix dernières années». Outre la pression de la pêche, différents facteurs influent sur le stock de Saint-Jacques, rappelle Spyros Fifas. «Le climat joue un rôle prépondérant dans le cycle de reproduction. La température de l’eau, trop chaude ou trop froide, peut causer une année creuse. La prolifération des crépidules, un mollusque invasif qui entre en compétition avec la coquille, est également à prendre en compte. La campagne COSB 2016 aura aussi pour objet d’analyser les interactions entre coquilles Saint-Jacques et crépidules.»

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