Europe : Greenpeace trouve un accord avec les «monster boats»

Un accord inédit a été conclu entre Greenpeace et les géants de la pêche pélagique européenne, pour travailler ensemble, durant dix ans, à la durabilité de cette pêcherie. Premier engagement : les armements s’interdisent d’explorer les zones non pêchées d’Arctique et d’Antarctique.

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Le « Margiris » de l’armement néerlandais Parlevliet & Van der Plas. (Photo : Parlevliet & Van der Plas)

Greenpeace avait mené une campagne virulente contre les navires de pêche géants, qualifiés de « monster boats ». Le climat est aujourd’hui tout autre entre l’ONG et les grands armements européens à la pêche pélagique. Ils sont parvenus à un accord, signé le 31 août, pour « favoriser la pêche durable des pélagiques, en bon équilibre avec le milieu marin ». Les signataires : Greenpeace Pays-Bas, l’association européenne des chalutiers pélagiques congélateurs (Pelagic Freezer-trawler Association, PFA), trois de ses membres - les armements néerlandais Cornelis Vrolijk, Parlevliet & Van der Plas et W. van der Zwan - et le groupement d’employeurs VNO-NCW qui a joué le rôle de médiateur.

« Étape importante »

Ils ont convenu que les armements membres de PFA évitent de pêcher dans les zones non exploitées de l’Arctique et de l’Antarctique. Ils comptent également travailler ensemble à l’amélioration de la gestion des pêches en Afrique de l’ouest. L’accord reconnaît aussi le rôle de PFA pour collecter des données scientifiques et participer à la recherche sur les ressources pélagiques, éviter les prises accessoires, améliorer la sélectivité, limiter l’impact sur l’écosystème marin, et enfin contribuer à une gestion efficace des pêches dans toutes les régions où les membres de PFA pratiquent la pêche pélagique.

« C’est une étape importante pour la pêche durable », déclare Sylvia Borren, de Greenpeace. « Que l’industrie de la pêche et Greenpeace collaborent ainsi est une première mondiale, souligne Gerard Balsfoort, de PFA. C’est une reconnaissance de nos efforts et ambitions. »

PFA représente les intérêts de neuf armements à la pêche pélagique pour la consommation humaine, qui exploitent une flotte de 23 navires. Ils pêchent principalement le hareng, le maquereau, le chinchard et le merlan bleu en Atlantique nord-est, et représentent selon PFA environ 1,5 % des captures mondiales de poissons pélagiques. Ces neuf armements : aux Pays-Bas, les trois armements cités plus haut et Jaczon BV (détenu par Cornelis Vrolijk). En France, l’armement France Pélagique (aussi détenu par Cornelis Vrolijk). Au Royaume-Uni, Interfish Ltd et North Atlantic Fishing Company Ltd. En Allemagne, Doggerbank Seefischerei GmbH. Et en Lituanie, UAB Atlantic High Seas Fishing Company.

« On peut être optimiste »

Cela engage aussi indirectement en France la Compagnie des pêches Saint-Malo (détenue à 50 % par Parlevliet & Van der Plas). « Il y a plusieurs dizaines d’années que les navires de l’entreprise ne rejettent plus rien à la mer, souligne Patrick Soisson, PDG de Compagnie des pêches Saint-Malo. Le respect de l’environnement est une responsabilité individuelle et collective fondamentale dans l’entreprise. Aujourd’hui, tout ce que nous pêchons est certifié MSC. La ressource est limitée, mais nous la respectons, et sa valorisation est optimale. Si on construit un bateau aujourd’hui, c’est qu’il y a de la ressource. Le travail du pêcheur est alors d’investir. L’avenir de la pêche est assuré, on peut être optimiste. »

© Le Marin - http://www.lemarin.fr/secteurs-activites/environnement/26413-europe-greenpeace-pactise-avec-les-monster-boats

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