Pêche : cerner l’impact des dragues sur les bancs de maërl

L’Aglia et le comité des pêches de Bretagne se penchent sur les interactions entre les dragues à coquillages et l’état des bancs de maërl (algues calcaires rouges), que l’on retrouve dans 14 des 16 sites Natura 2000 bretons. L’objectif : donner des clés aux pêcheurs pour proposer des mesures concrètes, adaptées, basées sur des résultats scientifiques.

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Le programme Decider étudie les effets de la pêche à la drague sur les bancs de maërl, nombreux dans les sites Natura 2000 bretons. (Photo : DR)

Ce programme, baptisé Decider (diagnostic des interactions engins habitats, drague, maërl), et financé en grande partie par France Filière Pêche et les régions, est porté par l’Aglia, en partenariat avec l’IUEM et les comités des pêches de Bretagne et de la façade Atlantique. «L’interaction dragues/maërl en Bretagne est un cas d’étude pour ce programme et vise à mettre les pêcheurs au cœur des études et actions de terrain», explique Élodie Etchegaray, de l’Aglia.

Plusieurs phases sont prévues, pour aboutir fin 2018. Après un état des lieux initial, des enquêtes auprès des pêcheurs sont menées pour recueillir leurs connaissances empiriques techniques, et leur vécu : mesures déjà en place, suggestions, comment ils perçoivent la fragilité du maërl, sa mobilité… Et des études scientifiques sont menées sur le terrain, si possible en affrétant des navires de pêche professionnels, pour caractériser les bancs de maërl et les effets des différentes dragues (et pratiques), à l’échelle locale. Quatre sites pilotes seront concernés l’un après l’autre, dans l’ordre : la rade de Brest, Belle-Île, les Glénan et Saint-Brieuc. Ça démarre dès ce vendredi 1er avril en rade de Brest. Les navires impliqués : Strinkerez Dour de Joël Pellé, Eurvad de Thierry Boissel et Mélanie-Vincent de Marc Lars.

Des enjeux forts

Les actions pour limiter les dommages éventuels seront ensuite discutées avec les pêcheurs, en groupes de travail : faut-il faire évoluer les engins ? Leur utilisation ? Proposer des mesures spatio-temporelles (limiter la pêche selon des zones ou périodes sensibles) ? Le but est qu’il y ait une réelle appropriation de la démarche par les professionnels. «Elle donnera lieu à un guide méthodologique sur les interactions entre engins et habitats», indique Élodie Etchegaray.

«Il ne s’agit pas d’aboutir aux choix de mesures, qui sont du rôle de l’État et des pêcheurs, mais ceux-ci seront en mesure de proposer des actions proportionnées aux interactions, correspondant à la réalité.» Les enjeux sont forts, pour l’activité des pêcheurs de coquillages (coquille Saint-Jacques, praire, pétoncles, palourdes, vernis, amandes, moules…), avec environ 350 bateaux concernés, comme pour la protection de l’environnement. L’agence des aires marines protégées et la Dreal, associées au comité de pilotage de ce programme, doivent en effet réaliser des analyses des risques liés à la pêche dans les sites Natura 2000 en mer (l’équivalent de l’évaluation d’incidences réclamée à terre).

© Le Marin

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