BD : Nos copains les requins, la bande dessinée qui nous réconcilie avec les squales

Les dents de la mer ont fait beaucoup de tort aux requins. Alors qu’il s’agissait d’une pure fiction, le film de Steven Spielberg (1975) a contribué à faire passer ces poissons cartilagineux pour des tueurs sanguinaires alors qu’ils ne sont, en réalité, responsables que d’une dizaine de décès humains par an contre… 25 000 pour les chiens !

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B. Séret, J. Solé & éd. Le Lombard 2016

Pour leur rendre justice, le spécialiste des squales Bernard Séret et le dessinateur de bande dessinée Julien Solé signent un album éducatif qui prend place dans la toute nouvelle Petite Bédéthèque des Savoirs (voir encadré). Interrogé par 20 Minutes, le «requinologue» Bernard Séret explique l’importance d’un tel outil à la suite de la preview ci-dessous. Bonne lecture !

CouvertureCliquer sur l'image pour découvrir quelques pages...

Résumé : Alors qu’ils fascinent les hommes depuis toujours, les requins n’intéressent véritablement la communauté scientifique que depuis le tournant des années 2000. Près de 16 % des nouvelles espèces de requins viennent d’être découvertes et recensées ces quinze dernières années ! Le requinologue Bernard Séret et le dessinateur Julien Solé apportent avec cet ouvrage un regard neuf et actualisé sur le monde très particulier des requins.

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Capture d’écran - © La petite bédéthèque des savoirs

Saviez-vous que la Baie des anges de Nice devait son nom à une variété de requins aplatis qui la peuplaient jadis en grand nombre ? Dans Les requins, ce type d’anecdotes voisine avec une multitude de faits et données scientifiques destinés à dédiaboliser celui qu’on qualifie injustement de «tueur des mers».

Un ouvrage accessible

Ne redoutez pourtant pas une lecture trop pointue, qui n’aborderait son sujet que dans son aspect didactique : «J’ai évité, dans le mesure du possible, d’employer des termes techniques», confirme Bernard Séret. «Quelques-uns étaient cependant inévitables, comme les organes copulateurs des requins dénommés ptérygopodes. Il ne faut pas abreuver le lecteur de termes savants, mais la vulgarisation scientifique a aussi un rôle éducatif et doit être capable de diffuser des notions relativement compliquées. Dans ce cas, je soumets mes textes à mon épouse – qui n’est pas scientfique- pour savoir si mon message est compréhensible».

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Mission accomplie puisque ce livre, dans les pages duquel notre requinologue apparait en personnage de BD narrateur, est immédiatement accessible au plus grand nombre. C’est dû à la clarté de son discours, mais également aux somptueux dessins de Julien Solé. L’artiste n’a, en effet, pas son pareil pour mettre en cases les requins. «Je lui ai fait visiter mon lieu de travail, le Muséum national d’Histoire naturelle, qui, je crois, l’a fortement inspiré», se réjouit Bernard Séret.

Le choix du dessinateur de Cosmik Roger et des Zumbies n’a en tout cas rien d’un hasard puisqu’il s’est déjà « illustré » sur le même thème en publiant, en 2014, Shark book (éditions Fluide Glacial), un somptueux carnet de croquis de squales en tous genres.

«Ni anges, ni démons»

Les nombreux (et riches) éclaircissements scientifiques que propose le livre ne vous feront peut-être pas soudain adorer les requins… mais ils atténueront les symboles négatifs que véhicule ce prédateur marin. «J’ai essayé de donner une image de la réalité scientifique des requins en tenant compte des recherches les plus récentes», précise Bernard Séret. «Ce ne sont, ni des anges, ni des démons. Ils font partie des écosystèmes marins et ont un rôle régulateur dans leur équilibre. On a peur de ce que l’on ne connaît pas ; en diffusant le savoir scientifique, je pense contribuer à changer les mentalités».

Les requins, de Bernard Séret et Julien Solé - éditions Le Lombard, 10 euros

Olivier Mimran © 20 Minutes - http://www.20minutes.fr/culture/1799859-20160304-preview-bd-copains-requins-bande-dessinee-reconcilie-squales

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