Expédition Thon 2016 : Action en haute mer contre la pêche destructrice

5:30 : première communication radio avec l’Explorer II, mais aucune tentative n’aura permis d’établir le dialogue avec le navire espagnol.

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A 6h les zodiacs ont été mis à l’eau avec à leurs bords une petite équipe d’activistes, déterminés à établir le contact pour demander à l’Explorer II de cesser d’user de pratiques de pêche dévastatrices pour les écosystèmes marins. Le contact radio n’ayant pu être formellement établi, nous tentons de leur remettre une lettre portant nos demandes : faire usage de lumières artificielles sur les DCP dérivants, dans le but de concentrer le poisson, est interdit par la Résolution 15/07 de la Commission thonière de l’océan Indien. Or, l’Explorer II agit comme un DCP géant et se situe donc dans une zone grise, proche de l’illégalité. Nous leur demandons instamment de cesser d’utiliser ces lumières dans le but d’agréger du poisson. Ils n’ont pas semblé y porter le moindre intérêt. Mais nous sommes pleins de ressources.

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Les activistes ne se sont pas démontés. En dépit de l’indifférence que nous portait l’équipage de l’Explorer II à ce moment-là, nous avons poursuivi notre action en tentant d’accrocher des bannières sur les flancs du bateau pour faire passer notre message à Thai Union. Ils ont commencé à comprendre que nous ne partirions pas si facilement. Il était impensable pour nous de laisser ce navire piller impunément les ressources marines de cette région du globe au profit d’une industrie thonière hors de contrôle.

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Nous sentons que notre présence commence à les oppresser. Notre cameraman ainsi que le photographe documentent tout ce qui se passe. L’équipage de l’Explorer II n’a pas le droit à l’erreur. Nous les savons armés mais nous faisons preuve d’une grande prudence.

L’Explorer II est un symbole de toutes les méthodes de pêche douteuses employées tout au long de la chaîne d’approvisionnement de Thai Union. Il utilise des ampoules halogènes aveuglantes qui parsèment les flancs du navire et projettent des faisceaux lumineux dans l’océan durant la nuit. Le but : maximiser les prises des thoniers qui viennent y piocher le poisson, sans aucune distinction d’espèce alors que seul le thon les intéresse. On vous laisse imaginer ce que deviennent les autres prises…

C’est pourquoi nous nous sommes employés à recouvrir leurs lampes d’une peinture noire opaque, non toxique, afin qu’ils ne fassent plus de dégât. Autant vous dire, que cela ne leur a pas trop plu.

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Ils finirent par lever l’ancre et fuir. Nous les avons poursuivi toute la nuit afin de s’assurer qu’ils ne fassent pas usage de leurs lampes halogènes.

A l’heure où je vous écris l’action est toujours en cours. Nous sommes déterminés à neutraliser l’usage des faisceaux lumineux de ce navire.

Dernière minute – A ceci s’ajoute une excellente nouvelle intervenant dans un timing parfait : la Commission thonière de l’océan Indien qui se tient en ce moment à la Réunion vient d’interdire l’usage de lampes ayant pour objectif de concentrer le poisson sur les navires supports !

© Greenpeace

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