Saumon de France : diversification et aquaponie, un nouveau départ ?

La ferme aquacole de la grande rade de Cherbourg a subi des mortalités à cause de la turbidité causée par le déroctage du port de commerce. Son actionnaire, la société GMG, continue à développer son activité et fait appel à la bourse.

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La ferme aquacole compte 17 cages en grande rade de Cherbourg. (Photo Jean Lavalley)

Les travaux de déroctage réalisés par PNA (Ports normands associés) pour l’extension des terre-pleins portuaires ont mis en suspension des sédiments et asphyxié les jeunes saumons. «Nous avons perdu 40 tonnes de saumons de 1 kg, qui auraient donné 200 tonnes à taille commerciale», calcule Pascal Goumain, président d’Aquaponic Management Projects, et actionnaire principal de GMG, qui exploite la ferme et la marque Saumon de France depuis un an.

Cette mortalité, pourtant couverte par les assurances, a entraîné le retrait d'investisseurs potentiels. Mais Pascal Goumain ne baisse pas les bras et espère trouver 2 millions d’euros en bourse, sur le marché des PME (second marché), pour financer des investissements dans son cycle de production et une diversification.

Cette introduction, qui doit intervenir en avril, doit ainsi permettre de porter la production à 3 000 tonnes par an d’ici cinq ans. «Nous restons sur du haut de gamme, acteurs d’une filière aquacole durable et responsable. Mais nos clients (grande distribution, cash and carry, fumeurs) veulent du poisson toute l’année.»

Diversification et aquaponie

Les précédentes expériences, pour introduire des smolts au printemps, se sont soldées par des échecs, en raison d’un parasite qui ne se développe qu’en été et n’attaque que les juvéniles. Pascal Goumain privilégie donc un élevage hors sol, dans des bacs d’eau douce en circuit fermé, pour un prégrossissement jusqu’à 400 grammes. Les juvéniles y passeraient six mois, avant d’être mis en mer à l’automne en même temps que des smolts. GMG disposerait ainsi, en permanence, d’un cheptel à taille commercialisable.

Pour diversifier son activité, GMG a aussi repris d’anciens locaux de mareyage pour développer en interne les activités d’éviscération, de découpe et de filetage, voire de fumage. Elle s'est aussi lancée dans l’élevage de saumons originaires de l’Adour, de truites steelhead et de truites fario.

Pascal Goumain veut enfin développer, avec les bacs hors sol, une activité d’aquaponie déjà expérimentée dans ses piscicultures en Anjou et en Sologne. Un système vertueux : l’eau, avec les déjections des saumons, servirait d’engrais à une production, sous une serre de 1 000 m2, de légumes et fruits de saison. Ce système a séduit la mairie de Paris, pour laquelle il développe des bacs adaptables sur des balcons.

© Le Marin – L’hebdomadaire de l’économie maritime

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