Les voyages de Sindbad le Marin

Bagdad, aux alentours de l’année 835, ou 219, tout un chacun pouvant choisir son calendrier. Alors que nous sommes confortablement installés chez Sindbad le Marin, assis sur un banc, le dos tourné à la riche demeure, un pauvre hère nommé également Sindbad et portefaix de son état, demande à son dieu pourquoi l’injustice règne sur le monde. Entendant ses jérémiades depuis une fenêtre, notre hôte l’invite à participer à notre entretien.

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Le bateau de Sindbad le Marin était certainement un boutre. Nom générique des bateaux de la région dont il existe plusieurs formes. Ils sont construits en bois et gréés d'un ou plusieurs mâts portant chacun une voile trapézoïdale, dite «voile arabe» comme ici le Baggala.© DR

Voilesetvoiliers.com : Merci Monsieur de nous recevoir dans votre palais des Mille et Une Nuits.
Sindbad le Marin : Cela commence mal et je vous arrête de suite. Mes aventures n’ont aucun lien avec ces contes et leurs merveilles. Quant à toi Sindbad, qui es devenu comme mon frère, peux-tu une nouvelle fois déclamer les vers que tu récitais devant ma porte il y a quelques instants ?

Sindbad le Portefaix : Maître, ne me garde pas rancune de ces paroles. L’éreintement, le malheur subi continuellement, la peine et la pauvreté, tout cela engendre chez l’homme la sottise et lui fait oublier les règles de la bonne éducation. J’ai donc parlé sans réfléchir.

Sindbad le Marin : Allez ! N’aie pas honte.

Sindbad le Portefaix : Ah ! Combien de malheureux privés de repos et combien de gens fortunés qui se prélassent dans la plus délicieuse des ombres. Moi il me faut supporter une fatigue sans cesse renouvelée, continuer à subir ce destin insensé, porteur d’un fardeau qui se fait de plus en plus lourd. Un autre que moi, chanceux, ne subit aucune infortune et ignore même ce qu’est la pesanteur du monde sous laquelle chaque jour je succombe.

Sindbad le Marin : Je comprends ton tourment mais sache, mon ami, que je n’ai pas gagné cette vie paradisiaque sans m’être heurté moi aussi aux difficultés, sans avoir été accablé de grands malheurs. Les frayeurs, les afflictions que j’ai subies sont capables de jeter dans la plus totale stupéfaction les esprits et les imaginations. J’allais narrer le récit de mes sept voyages. Des histoires bien étranges, des aventures stupéfiantes et merveilleuses.

Alors que nous venions de descendre dans le jardin qui embaumait des odeurs de musc, d’ambre gris et de bois d’aloès, et que le maître de maison avait ordonné à ses domestiques de transporter la charge de son nouvel ami à destination, l’incroyable histoire de Sindbad le Marin pouvait commencer.

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Les différents récits de Sindbad le Marin font partie du patrimoine mondial. Ils ont été déclinés mille et une fois comme ici cette carte de jeu distribuée au début du siècle dernier dans des paquets de cigarettes américains.© DR. The New York Public Library

Voilesetvoiliers.com : Comment êtes-vous devenu navigateur ?

Sindbad le Marin : Ayant hérité d’une belle fortune au trépas de mon père, marchand renommé de notre ville, j’ai été aveuglé par l’ivresse et la sottise en dilapidant pratiquement tous mes biens. Heureusement, une once de lucidité me fit comprendre que le danger de tout perdre n’était pas chimérique. Rassemblant ce qu’il me restait d’objets précieux, de beaux vêtements et de mobiliers de valeur, je les vendis au marché et en tirais une somme de trois mille pièces d’argent. A l’écoute de négociants et voyageurs, je décidais d’investir mon capital dans un voyage pour le commerce avec les pays lointains. Je quittais ainsi le port de Bassora avec quelques amis et naviguais dans le golfe Persique. Nauséeux les premiers jours, mon tempérament bien trempé me fit prendre rapidement le dessus. Passant d’une mer à une autre, d’une île à une autre, d’un continent à un autre, nous vendions, achetions et parfois faisions du troc. Un jour, nous avons abordé une île dont le sol était tapissé de gazon. On se serait cru au jardin du Paradis. Alors que certains avaient décidé de se reposer, je partais à la découverte des rivages. Mais à un moment donné, notre îlot s’est mis à bouger.

Voilesetvoiliers.com : Les tremblements de terre ne sont pas rares dans ces contrées...

Sindbad le Marin : L’histoire est plus incroyable que cela. Et le capitaine de notre navire s’en était rendu compte rapidement. Hurlant depuis notre navire, il demandait à tous de rejoindre le bord. Expliquant que notre île était en fait un poisson géant qui avait été réveillé par notre présence et allait nous plonger au fond des eaux. Nombre de mes amis ont réussi à regagner le bateau à la nage. Je faisais malheureusement partie de ceux restés en arrière. Alors que nous nous enfoncions dans les flots, le Dieu Très Haut m’accorda la faveur de mettre sur mon chemin un baquet de bois. Autour de moi, la mer houleuse grondait, les vagues s’élevant de plus en plus haut, alors que le jour s’était enfui avec sa lumière. Au petit matin, la mort s’offrait à mes yeux. Soudain, une vague me projeta avec violence sur une côte abrupte. Réunissant mes dernières forces, je m’accrochais à une branche au ras de l’eau. Ayant retrouvé la terre ferme, je constatais que mes jambes, dans leurs parties charnues, avaient été attaquées par les poissons. Après des journées d’errance avec des béquilles mais malgré tout requinqué, j’ai croisé un être vivant.

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Manuscrit syrien du XIVe siècle. © Photo Bibliothèque nationale de France

Voilesetvoiliers.com : Un homme ou un dieu ?
Sindbad le Marin : Il se présenta comme le responsable des écuries du Roi Prodigieux, le maharadja de l’île. Et son rôle était étrange. Il était chargé de faire saillir les juments de son maître par des chevaux de mer. Après avoir assisté à l'une de ces étrangetés, j’embarquais sur son bateau pour rejoindre le royaume de l’île de Sumatra. Bien accueilli par le roi, j’ai pu rencontrer savants, marchands et aventuriers faisant commerce avec l’Inde. J’appris ainsi beaucoup de choses sur ce territoire. Les castes, les diverses religions. Nommé préfet du port, je demeurais là-bas un certain temps.

Alors que des jeunes femmes métissées dansaient autour de nous dans des postures lascives, les amis de notre hôte profitaient des plaisirs du moment.

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Antoine Galland, antiquaire du roi Louis XIV et académicien fut le premier traducteur en France des Milles et Une Nuits. C’est lui qui a ajouté l’histoire de Sindabd le Marin mais aussi celle d’Ali Baba à ces contes. © DR

Voilesetvoiliers.com : Votre désir est alors de repartir. Mais de quelle manière ?
Sindbad le Marin : Par un pur hasard. Un jour, j’ai croisé sur les quais le capitaine du bateau avec lequel j’avais quitté mon pays. Persuadé que j’avais péri lors de la disparition de l’île, il eut des doutes sur mon identité. Il est vrai que mon aspect physique avait beaucoup changé. Il avait conservé tous mes biens. Le roi, généreux, m’en offrit d’autres et me souhaita un bon retour. Lors du périple vers Bagdad, de port en port, j’augmentais mes richesses pour atteindre la somme de cent mille pièces d’or. Ayant retrouvé ma famille, je m’empressais d’acheter des esclaves, hommes et femmes, des immeubles, des terres. J’oubliais rapidement tous les tourments que j’avais eu à supporter. Mais il se fait tard chers amis, restaurons-nous. Sindbad : prends cet argent, fais en profiter les tiens et reviens demain matin pour que je te raconte la suite de ma vie et mes différentes pérégrinations ! Des aventures qui se sont avérées plus redoutables encore, plus étranges et plus étonnantes. Quant à nous, cher visiteur, savourons maintenant quelques moments de volupté

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Les sept périples extraordinaires de Sindbad le Marin ont débuté depuis le golfe Persique sur ce genre de boutre. © ouest-france.fr

Voilesetvoiliers.com : Nous avons passé une nuit heureuse en attendant la suite de votre histoire.

Sindbad le Marin : Toi aussi Sindbad, mon nouvel ami ?

Sindbad le Portefaix : Gloire à toi. Ma famille va pouvoir manger à sa faim grâce à l’argent que tu m’as donné hier.

Le jardin, empli de la fraîcheur matutinale, fleure toujours autant l’ambre gris et le bois d’aloès. L’orchestre s’arrête sur un signe imperceptible de notre débonnaire hôte.

Voilesetvoiliers.com : Vous repartez par-delà les océans ?

Sindbad le Marin : Or donc, au retour de mon premier périple, je profitais largement de mes richesses. Mais la mer me manquait et mes amis marchands, enthousiasmés par ma première aventure, voulaient à tout prix m’accompagner vers la recherche de la fortune. Nous sommes partis sur un bateau neuf, muni de larges voiles et servi par un équipage nombreux. Nous ne cessâmes de naviguer d’un port à l’autre, d’une mer à l’autre, tout en faisant un négoce fructueux. Un jour, nous sommes arrivés sur une île. Ayant décidé d’y passer quelques instants de repos sans aucune compagnie, une douce brise ne tarda pas à exercer sur moi son action apaisante. Malheureusement, à mon réveil, mon navire avait disparu. Mes compagnons m’avaient oublié. Je hurlais de désespoir. Pourquoi l’appât du gain m’avait fait quitter le bonheur dans lequel je vivais à Bagdad ? Je commençais à plonger dans la folie. Je m’aventurais malgré tout sur l’île. Grimpé sur un arbre, j’aperçus une tache de forme blanche au fond d’une ravine. Je me hasardais à l’approcher. Alors que je me trouvais au pied d’une sorte de coupole blanche, impossible à escalader, l’atmosphère s’assombrit avec une rapidité inaccoutumée. En fait, un énorme oiseau venait de surgir du fond de l’horizon.

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Sindbad le Marin a croisé par deux fois la route du Rokh, oiseau monstrueux.© The New York Public Libray

Voilesetvoiliers.com : Le fameux Rokh, oiseau fabuleux qui était dernièrement une pièce du jeu d’échec (1) ?

Sindbad le Marin : Exactement. Et l’objet que je toisais était son œuf monstrueux. Je ne sais pas comment l’idée m’est venue, mais j’ai noué mon turban à l’une des serres de l’animal, semblable au soc d’une charrue géante. Souhaitant sans doute qu’il m’emporte loin de cette île inhabitée. Et c’est ce qu’il fit. Mais l’histoire ne se termine pas là. Après un vol interminable, il se posa sur le sol d’une vallée et je m’en libérais. La terre était couverte de diamants mais infestée de serpents nocturnes. Au petit matin, un quartier de viande tomba devant moi. En fait, un stratagème inventé par des hommes. Dans les morceaux de moutons jetés depuis le sommet de la montagne, viennent s’attacher les fragments de roche endiamantée. Les hommes n’ont plus qu’à suivre le vol des oiseaux de proie venus pour s’en repaître et leur subtiliser la charogne gavée de pierres une fois arrivés dans leurs aires. C’est ainsi que j’ai pu sortir de mon tourment. Et riche qui plus est. Après avoir visité l’immense île dans laquelle j’étais (2), y croisant éléphants et rhinocéros, je regagnais la riche terre de mes aïeux après de longs mois de navigation.

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La vallée des diamants, illustration du peintre américain Maxfield Parrish (1907).© DR

Voilesetvoiliers.com : Malgré toutes ces rencontres effrayantes, vous repartez quand même ?

Sindbad le Marin : Plongé dans les plaisirs, noyé dans l’euphorie et le bonheur, j’oubliais peu à peu les difficultés qui s’étaient trouvées naguère sur ma route. Et l’idée de repartir se mit à nouveau à tourmenter mon esprit. Nouveau bateau et nouvelles expéditions marchandes. Importunément, lors d’une tempête, notre embarcation fut drossée sur une île habitée par des hommes-singes. Y régnait également un géant rôtisseur d’hommes. Quelques-uns de mes compagnons firent malheureusement ses délices. Ayant construit un radeau avec les autres survivants, nous réussîmes tout de même à fuir ces contrées. Mais il était écrit que notre aventure allait nous procurer d’autres turpitudes. Projetés par une énorme vague, nous nous retrouvâmes dans un lieu où sévissait un serpent énorme. Et je fus rapidement tout seul, mes amis ayant été engloutis par le monstre. Rassasié, il me laissa un peu de répit. Je ne sais pas par quel miracle, mais des hommes à bord d’un bateau croisant dans les parages m’aperçurent. Et je leur dois la vie. Le plus incroyable, c’est que ces personnes n’étaient autres que celles qui m’avaient perdu lors de mon précédent voyage sur l’île aux Diamants. J’étais toujours vivant. Et toujours aussi riche.

Sindbad le Marin nous invite à profiter de la vie. De belles jeunes filles entourent tous les invités qui se mettent à festoyer. Rendez-vous est alors pris pour le lendemain matin, Sindbad le Portefaix rentrant chez lui avec d’autres pièces d’or.

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Dessin de l’illustrateur anglais René Bull (1870-1946) pour l’édition The stories of Arabian Nights (1898)© DR

Voilesetvoiliers.com : Bonjour, la nuit dernière a encore été douce. Et nous attendons impatiemment la suite du récit de vos pérégrinations.

Sindbad le Marin : Vous vous en doutez, je suis bien évidemment reparti de par les mers. Et bien évidemment, alors que notre bateau était chargé de richesses, une tempête le balaya. Accroché à une poutre avec d’autres marchands, une vague plus forte que les autres me jeta comme mes compères sur une côte. Le deuxième jour, des hommes noirs et nus nous firent prisonnier. Ces êtres crépus n’étaient pas violents. Ils nous donnèrent même à manger une certaine herbe. Une répulsion instinctive m’empêcha d’y toucher. Mes compagnons, eux, tombaient un à un dans l’hébétude et ingurgitaient tous les mets proposés. Je comprenai rapidement que toute cette pitance avait pour but de les frapper d’idiotie et surtout de les engraisser. Replets à souhait, ils étaient rôtis pour le seul appétit du roi. De mon côté, amaigri par le jeûne, je fus considéré comme malade et délaissé. Ayant erré pendant des jours et des jours, me nourrissant d’herbes et de fruits, je rencontrai un groupe d’hommes occupés à ramasser du poivre et quittai ce lieu avec leur bateau.

Voilesetvoiliers.com : Vous tombez dans de nouvelles affres ?

Sindbad le Marin : Pas au début. Bien accueilli, je me liai d’amitié avec le roi de leur île (3). Apprenant à son peuple à fabriquer une selle, je gagnai rapidement les faveurs de tous les habitants. Le roi me maria à une femme de noble situation. J’atteignis rapidement à la limite extrême de ce qu’un homme peut souhaiter pour son repos, sa détente et ses aises. Mais un drame advint. Mon épouse tomba malade et fut rendue à la mort en peu de jours. Et là, j’appris que la coutume de ces terres exigeait qu’à la disparition de l’un des deux époux, le survivant devait également être enterré au fond d’un puits. Toute fuite m’était interdite. Je me retrouva donc dans les ténèbres avec de rares provisions. Alors que je tombais dans le désespoir, un autre couple vint me rejoindre. Je me jetai sur la femme et la tuai pour récupérer son eau et ses morceaux de pain. Je vécus en ces lieux une certaine période, m’arrangeant promptement à tuer tous ceux qu’on y laissait descendre, jusqu’au jour où un animal sauvage me fît découvrir un point de sortie. Il donnait sur une plage d’où je hélai un navire. C’est ainsi que je retournai à Bagdad, via les îles Sarandîb (4) et Bali, avec comme seuls bagages quantité de bijoux dérobés aux cadavres.

Le lendemain, même heure, même endroit, mêmes fragrances agrémentées du chuintement d’une petite fontaine.

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Les aventures de Sindbad le Marin ont été déclinées sous toutes les formes. Le cinéma américain a fait mieux en 1947 en inventant, sous la direction de Richard Wallace, le huitième voyage de notre héros. © DR

Voilesetvoiliers.com : Comment expliquez-vous cet appel irrépressible du large ?

Sindbad le Marin : Mon âme charnelle m’a toujours incliné vers les biens de ce monde et l’ambition de les posséder. Ainsi se fortifiait en moi le désir d’affronter d’autres aventures. J’achetais donc un nouveau bateau au port d’al Basra (5). Un navire de belle allure et bien construit. Après une plaisante navigation, nous nous retrouvâmes devant l’île du Rokh. Connaissant mon histoire, des hommes décidèrent de casser l’œuf monstrueux pour faire rôtir l’oisillon qui était en train de naître. Furieux, ses parents jetèrent sur notre embarcation d’énormes rochers. J’étais de nouveau le bec dans l’eau ! Et encore une fois balancé par les flots sur une île. J’y fus fait prisonnier par un vieillard qui fit de moi son esclave. Un jour, après l’avoir saoulé, je le tuai. Puis, dérivant pendant des semaines incalculables sur une barque que j’avais fabriquée, j’atteignis une île où les rivières brillent de pierres précieuses et d’ambre gris. Je fus accueilli par le roi, étonné par mon histoire, qui m’offrit moult présents dont une coupe taillée dans un seul rubis, un lit fait de la peau d’un serpent ayant avalé un éléphant ainsi qu’une jeune et belle esclave.

Voilesetvoiliers.com : Sans vous jeter la pierre, tous vos récits nous ramènent en ces lieux où vous semblez jouir d’une fortune heureuse ?

Sindbad le Marin : Mes différentes expéditions ont duré vingt-sept ans. Je le crois tout du moins. De port en port, de mer en mer, j’ai toujours retrouvé ma famille. A un moment donné, mon dernier voyage m’a conduit au repentir. Je renonçai alors devant le Dieu Très Haut à entreprendre quelque voyage que ce fût, sur terre comme sur mer. Merci de m’avoir écouté.

Sindbad le Marin donna ordre à son trésorier de remettre à Sindbad le Portefaix une somme considérable. De notre côté, nous avons remercié notre hôte en lui souhaitant fière destinée.

1) Cette pièce est devenue plus tard la tour. Mais l’expression roquer est demeurée.

(2) Sans doute Bornéo.

(3) Peut-être Sumatra.

(4) Aujourd’hui le Sri Lanka.

(5) Bassora.

Serge Messager - © Voiles et voiliers - http://www.voilesetvoiliers.com/cultures-voiles/les-voyages-de-sindbad-le-marin-rencontre-inattendue-interview-1-2/ - http://www.voilesetvoiliers.com/cultures-voiles/la-rencontre-inattendue-les-voyages-de-sindbad-le-marin-2-2/

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