Climat : El Niño décline mais la Niña menace.

Après un pic inédit du phénomène météorologique, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) annonce un déclin progressif d’El Niño, caractérisé par des fluctuations majeures du climat avec, pour conséquences, un déplacement des eaux chaudes pauvres en sels nutritifs et des précipitations qui se manifestent du Pacifique ouest au Pacifique est.

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Les coraux sont aussi affectés par le phénomène El Niño qui enregistre un record pour la saison 2015-2016. (Photo : DR)

Selon l’Agence américaine océanique et atmosphérique (Noaa), le réchauffement de plus de 2 °C des eaux observé tout au long de 2015, jugée l’année la plus chaude depuis 1880, devrait s’atténuer d’ici l’été 2016. Les effets de la sécheresse se font néanmoins encore ressentir avec « des millions de personnes souffrant de la faim en Éthiopie, en Afrique de l'est, en Papouasie-Nouvelle-Guinée et en Océanie », a précisé Robert Glasser, représentant spécial du secrétaire général de l'Onu.

«Des régions d'Amérique du Sud et d'Afrique de l'est ne sont pas encore entièrement remises des pluies torrentielles et des inondations qu'elles ont subies», a ajouté le secrétaire général de l'OMM, Petteri Taalas.

Les récifs coralliens très touchés

El Niño n’a pas eu que des incidences sur le climat mais aussi sur l’environnement, notamment dans toute la zone pacifique où le réchauffement des eaux a provoqué le « pire épisode de blanchiment des massifs de corail de l’histoire ». La Grande Barrière de corail australienne serait particulièrement touchée par l'acidification des eaux qui provoque la diminution de l'aragonite, un minéral utilisé par les coraux pour former leur squelette. Selon le WWF, près d'un tiers des récifs coralliens du monde sont «déjà perdus et ceux qui restent pourraient disparaître d'ici le milieu du siècle».

Si l’épisode météo doit enfin décroître, il pourrait laisser sa place au phénomène inverse corrélé, la Niña, qui se caractérise par un refroidissement anormal des eaux du Pacifique équatorial. Elle pourrait en effet sévir d’ici la fin de l’été, et jusqu’à la fin 2016. Ainsi, l’Australie, après une grande sécheresse, devrait subir de fortes pluies, et le Pérou, très touché par les inondations, pourrait quant à lui voir sa pêche favorisée par le refroidissement de ses eaux, enrichies en nutriments.

© Le Marin – L’hebdomadaire de l’économie maritime

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