Menacée par Bruxelles, la Thaïlande promet une régularisation massive du secteur de la pêche.

La Thaïlande a annoncé jeudi la régularisation depuis le printemps dernier de plus de 70.000 travailleurs illégaux employés jusqu'ici dans sa très controversée industrie de la pêche, menacée de sanctions par l'Union européenne.

Quand les pecheurs reduisent les rohingyas lesclavageDes Rohingyas qui tentent de fuir la Birmanie, sont régulièrement vendus à des bateaux de pêcheurs thaïlandais. © Reuters

Le porte-parole de la diplomatie thaïlandaise, Sek Wannamethee, a assuré que Bangkok était lancé dans une politique du "zéro tolérance" vis-à-vis du travail illégal dans ce secteur clef de l'économie.

La Thaïlande est en effet sous pression de l'Union européenne, qui la menace d'une fermeture de son marché si le pays ne fait pas le ménage, notamment en termes de pêche illégale et de travail forcé.

Sur une estimation officielle de 200.000 travailleurs sans papiers, 70.000 ont été régularisés depuis la mise en place de cette politique au printemps 2015, assure Bangkok.

"Quelque 50.000 travaillaient dans des usines (de conditionnement du poisson), le reste sur des bateaux", a expliqué le commandant Piyanan Kawmanee, représentant de la marine, chargée de ce dossier épineux.

Selon les associations de défense des droits des migrants, le nombre de travailleurs illégaux est bien plus important.

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Un migrant cambodgien travaillant sur un bateau Thaïlandais - © Nicolas Asfouri - AFP

En 2015, plus de 8.000 navires de pêche ne répondant pas aux nouvelles normes se sont par ailleurs vu retirer leur licence.

Ces annonces de résultats ont été faites jeudi lors d'une rare rencontre avec la presse étrangère, à laquelle avaient été invités des industriels de la pêche.

Cette annonce intervient après la visite en janvier de représentants de l'Union européenne en Thaïlande, qui est le troisième plus gros exportateur de produits de la mer, notamment de crevettes.

Le secteur est accusé de trafic d'êtres humains et d'esclavage, notamment de travailleurs sous-payés de pays voisins, Birmanie et Cambodge.

© AFP / 2016

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