Une nouvelle fenêtre pour protéger les thons du Pacifique

Lundi 5 décembre commencent, jusqu’au vendredi 9, les pourparlers de la Commission des pêches du Pacifique occidental et central (WCPFC), aux îles Fidji. En jeu : des mesures pour le thon albacore du Pacifique sud et le thon rouge du Pacifique, «à la veille de l’effondrement économique», selon le WWF.

Dr csp thon pacifique

Le déclin des stocks de thon dans le Pacifique se répercute sur les petits États insulaires fortement tributaires de la ressource. (Photo : CSP)

Après l’échec, début septembre au Japon, des négociations au sein du comité nord de la WCPFC, si la WCPFC n’agit pas pour sauver le thon rouge, le WWF et une alliance d’ONG demanderont un moratoire sur sa pêche commerciale. Ce stock «à 2,6 % de sa biomasse historique, se rapproche dangereusement de l’extinction commerciale, et potentiellement écologique», alerte le WWF.

L’albacore, côté Pacifique sud, «a constamment diminué au cours des deux dernières décennies, le nombre de navires de pêche étrangers ayant augmenté de façon spectaculaire», poursuit le WWF. Avec des dégâts localement.

En octobre, Tri Marine International a annoncé qu’il allait fermer son usine de transformation du thon aux Samoa américaines, dépendant fortement du thon albacore.

Des observateurs en danger

En jeu, pour ces deux espèces, conformément au plan de travail adopté l’an dernier : définir une biomasse limite et des règles de contrôle des captures, comme pour le thon listao en 2015. Et limiter le nombre de navires et de DCP déployés (dispositifs de concentration du poisson).

«La WCPFC risque de devenir totalement inutile si elle ne peut pas adopter des mesures simples comme celles proposées, qui pourraient réduire et contrôler la capacité excessive de la pêcherie», appuie Charles Hufflet, PDG de Solander, actionnaire d’une des flottes palangrières nationales de Fidji.

Enfin, la commission devrait approuver une proposition des États-Unis sur les responsabilités de l’État du pavillon, pour améliorer la sécurité et la sûreté des observateurs à la pêche, dans la lignée de mesures adoptées l’an dernier. Essentiels pour collecter des informations utiles à la gestion et à la connaissance des stocks, ils font en effet face à des menaces, de l’intimidation, voire des agressions. Au moins cinq observateurs des pêches ont disparu dans le Pacifique au cours des six dernières années.

Membres de la WCPFC : Japon, Kiribati, Corée, Îles Marshall, Nauru, Nouvelle-Zélande, Niue, Palaos, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Philippines, Samoa, Solomon Îles, Taipei chinois, Tonga, Tuvalu, États-Unis et Vanuatu.

Solène Le Roux - © Le Marin - http://www.lemarin.fr/secteurs-activites/environnement/27036-une-nouvelle-fenetre-pour-proteger-les-thons-du-pacifique?_=1480765971806

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