Huîtres : le retour de la portugaise ?

L’huître portugaise Crassostrea angulata a été remplacée par la japonaise Crassostrea gigas dans les années 1970. Coup de tonnerre dans la profession : l’écloserie rétaise Grainocéan propose depuis février du naissain de cette huître que l’on croyait presque disparue.

Dr naissain portugaise

L’écloserie Grainocéan commercialise depuis le mois de février du naissain d’huître portugaise. (Photo : DR)

Victime d’un iridovirus qui a décimé les populations, la portugaise ne serait plus présente aujourd’hui que du côté de Vieux-Boucau et en toutes petites quantités. Elle est encore produite au Portugal, où Éric Marissal, président de Grainocéan, est allé se fournir en géniteurs en 2012. Après reproduction, les premiers juvéniles ont été mis en élevage en Charente-Maritime, et après les pertes et un tri, ils ont donné la deuxième génération en mer, testée l’année dernière, sur des filières du pertuis Breton.

Cette résurrection de la portugaise n’est pas du goût de tous, car elle peut se croiser avec la Gigas, avec une descendance viable. Malgré leurs différences physiologiques, elles sont en fait des populations différenciées au sein d’une même espèce.

Une cinquantaine de commandes

Un avis scientifique est donc réclamé par des représentants professionnels, avant l’introduction sur les parcs de la portugaise. Est-elle seulement autorisée ? Elle n’est pas toujours inscrite sur les schémas des structures régentant l’ostréiculture, et n’apparaît pas dans le règlement européen sur l’utilisation en aquaculture d’espèces exotiques localement absentes.

Mais selon un accord interprofessionnel reconduit par le Comité national conchylicole (CNC) en juin 2015, la dénomination d’huître creuse regroupe les espèces Crassostrea gigas et angulata. Le CNC a demandé à la direction des Pêches maritimes et de l’Aquaculture de se positionner. De fait, Éric Marissal assure qu’il a reçu l’aval de la direction générale de l’Alimentation pour cette production.

Début mars, aucun lot d’Angulata n’avait encore été livré, mais l’écloseur indique avoir enregistré une bonne cinquantaine de commandes.

© Le Marin

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