Bretagne : mollo sur la récolte des algues de rive !

Vendredi 15 avril : le top départ est donné pour les saisonniers récoltant les algues sur estran. Certains ont démarré avant le jour J. Avant la taille requise aussi pour le haricot de mer. D’autres sont illégalement recrutés, en masse, par un intermédiaire. Récoltant professionnel, André Berthou craint pour la ressource et tire la sonnette d’alarme.

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L’Himanthalia nouvelle arrive traditionnellement en avril, mais il faut attendre qu’elle soit mûre. Certains la coupent avant qu’elle n’atteigne la taille réglementaire. (Photo : Solène Le Roux)

Récoltant professionnel, André Berthou craint pour la ressource et tire la sonnette d’alarme.

La ressource va-t-elle tenir le choc ? En Bretagne, les 129 récoltants professionnels d’algues sur l’estran sont rejoints, de mi-avril à mi-septembre, par quelque 350 saisonniers, sous contrat agricole (Tesa) avec les entreprises de transformations (leur nombre est limité à 420).

Cette année, plusieurs irrégularités irritent André Berthou, qui préside le comité des algues de rive du comité des pêches de Bretagne, et le syndicat des récoltants professionnels d’algues de rive de Bretagne. D’abord, plusieurs saisonniers ont démarré début avril, avant l’ouverture officielle, se servant en nori (Porphyra), normalement récoltée début mai, et dulse (Palmaria palmata).

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L’Himanthalia elongata, aussi dite haricot de mer, est prisée pour l’alimentation humaine. (Photo : Solène Le Roux)

Ensuite, le haricot de mer (Himanthalia elongata), est cueilli par certains avant qu’il n’ait atteint la taille réglementaire de 80 cm, destinée à protéger cette ressource. Enfin, un nouvel intermédiaire tente de mettre sur pied une équipe d’une cinquantaine de saisonniers sans disposer des autorisations légales. Et les incitations au grand public à venir se servir dans ce « magasin » qu’est l’estran n’arrangent rien. Cela fait beaucoup pour une ressource fragile, et en cours d’évaluation.

«Tous ces facteurs sont inquiétants car la pression sur les biomasses algales est très réelle et fait craindre un avenir assez sombre pour les TPE récoltant des algues et pour la filière.» Aussi André Berthou a-t-il déposé deux plaintes coup sur coup, l’une pour incitation au travail dissimulé, l’autre contre un marin surpris à récolter sans autorisation, et avec usage d’un navire contraire aux règles.

Les professionnels poursuivent par ailleurs leurs travaux d’évaluation de cette biomasse. Ils ont lancé le 6 avril un programme sur le goémon noir (Ascophylum nodosum), le «bezin du» en breton, l’algue la plus demandée par les transformateurs.

© Le Marin

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