2016, année catastrophique pour les mytiliculteurs (éleveurs de moules)

Le Vibrio splendidus est la bête noire des mytiliculteurs. Cette bactérie est responsable d'une chute de production des moules. "Elle est connue depuis très longtemps et, depuis 2014, provoque des mortalités massives du jour au lendemain", indique Nicolas Le Moal, éleveur de moules.

Moules 1En 2015, la production de moules de bouchot de la baie du Mont Saint-Michel a atteint les 10 500 tonnes. (Photo Bruno Saussier)

Il y a deux ans, il produisait près de 400 tonnes de moules. Aujourd'hui, sa production atteint seulement 170 tonnes.

La daurade royale, autre ennemie des moules

Les mytiliculteurs sont confrontés à un autre problème de taille : la daurade royale, qui se déplace en bancs. "Autrefois concentrés en Méditerranée, ces bancs, qui peuvent compter plusieurs milliers de poissons, sont depuis vingt ans de plus en plus abondants en Bretagne", note la Cité des Sciences.

Ce poisson se nourrit principalement de crustacés et de mollusques, dont la moule. Elle broie la coquille de ses victimes à l'aide de ses puissantes molaires.

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Alors des techniques pour faire fuir ce prédateur des mers ont été inventées. Les chercheurs de l'Institut Français de Recherche pour l'Exploitation de la Mer (Ifremer) ont mis au point un appareil acoustique. "Le signal sonore émis par l’appareil a une portée d’environ 300 mètres", note la Cité des Sciences.

Autre solution, plus artisanale : l'installation de gaines de protection en plastique. Toutefois, cette "opération représente un coût important qu'on pouvait supporter quand les taux de moratlité étaient inexistants ou faibles. Mais depuis 2014, cela devient très difficile. 2016 sera une année difficile", note Nicolas Le Moal, mytiliculteur.

Aide de l'État

En mai dernier, pour faire face aux pertes de productions vertigineuses subies par les mytiliculteurs, l'État a débloqué 4 millions d'euros d'aide.

Cette aide s'accompagnera de réunions locales entre les préfets et les mytiliculteurs, "afin de calibrer les besoins et de construire ce dispositif", explique Alain Vidalies, secrétaire d'État en charge de la pêche. À plus long terme, on devrait assister à l'installation d'un plan d’action pluriannuel de gestion des risques conchylicoles.

2016 08 17 16h34 11Reportage : C. Collinet / M. Saint-Jours / B. Le Gall / O. Mélinand

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