En 2050, 99 % des oiseaux marins auront ingurgité du plastique

"Une étude unique en son genre car elle tente d'évaluer le problème à l'échelle mondiale plutôt que régionale et pour une vue générale de toutes les espèces."

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Les oiseaux marins sont particulièrement vulnérables à la pollution plastique, le risque d'ingestion s’avérant très élevé. (Photo : Bernard Jégou)

C’est ainsi que Richard Thompson, biologiste spécialiste des questions marines à l'université de Plymouth (Royaume-Uni) qualifie le travail mené par ses confrères publié dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS).

Les auteurs Chris Wilcow, Britta Denise Hardesty et Erik Van Sebille - respectivement australiens et anglais - ont utilisé un ensemble d'études, de modélisations océanogéographiques et de modèles écologiques pour prédire le risque d'ingestion de plastique pour 186 espèces d'oiseaux marins dans le monde entier.

Un problème environnemental majeur : la pollution au plastique dans les océans, qui présente de fortes concentrations pouvant parfois aller jusqu'à 580 000 morceaux par km2, est poussée par une production exponentiellement croissante. Cette menace est « géographiquement étendue, généralisée et augmente rapidement », préviennent les chercheurs.

Prévisions pessimistes

Les résultats de l’étude font froid dans le dos : d'après les études antérieures, l'équipe anglo-australienne a découvert qu'entre 1962 et 2012, 80 des 135 (soit 59 %) des espèces avaient ingéré du plastique et que cette matière avait été retrouvée dans les estomacs d'une moyenne de 29 % de volatiles. Les auteurs estiment que le taux d'ingestion de plastique serait de 90 % pour les oiseaux si une étude de la sorte était effectuée à l'heure actuelle.

Et leurs prévisions ne sont pas - doux euphémisme - optimistes : les calculs indiquent que « la probabilité d'ingestion de plastique ne peut qu'augmenter, et qu'elle atteindra 99 % pour toutes les espèces d'oiseaux d'ici à 2050 ».

L’hémisphère sud est la première région concernée : « Les zones les plus à risques se situent aux limites de l'océan Austral, dans la mer de Tasman entre l'Australie et la Nouvelle-Zélande, ce qui diffère des conclusions antérieures, qui avaient identifié la région comme une zone où les pressions anthropogéniques et la concentration de débris marins étaient faibles », peut-on lire dans l’étude.

Mais la perspective d'un répit est, toutefois, possible : une gestion efficace des déchets peut réduire cette menace, tempèrent les trois chercheurs dans un court élan d’optimisme.

Ce travail a été salué comme un nouveau signal d’alarme par la communauté scientifique. Il montre « clairement l'ampleur de la pollution au plastique dans l'océan. Nous ne pouvons pas simplement rester passifs devant cette fatalité inexorable pour les oiseaux marins », a commenté Richard Thompson dans la revue britannique Science.

© Le Marin - l’hebdomadaire de l’économie maritime

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