Les pilleurs d’une épave rare écopent de prison ferme

Le Jeanne-Elisabeth, un voilier naviguant sous pavillon suédois, a coulé en 1755 au large de Villeneuve-lès-Maguelone, avec 24 000 pièces d’argent à bord.

Pieces drassm

Photo DRASSM

Un réseau de pilleurs d’épaves vient d’être condamné par le tribunal correctionnel de Montpellier. Claude Marty, pêcheur de moules de Palavas, considéré comme le principal organisateur du pillage d’une épave rare de 1755, et Jean-Luc Cougnard, antiquaire montpelliérain, considéré comme receleur, ont tous deux écopé de quatre ans de prison, dont deux ans ferme.

Les deux hommes ont fait appel. Leurs cinq comparses ont été condamnés d’un an à trois ans de prison avec sursis, ainsi que, pour six des sept prévenus, à payer solidairement 720 000 euros pour indemniser l’État.

Le Jeanne-Elisabeth, un voilier naviguant sous pavillon suédois, qui a coulé en 1755 au large de Villeneuve-lès-Maguelone, avec 24 000 pièces d’argent à bord. En 2006, à la suite d’un coup de mer, l’équipe, bien connue comme pilleurs d’épaves méditerranéennes, (re)découvre le site. Elle amène sur place bateau et suceuses, met à sac le navire et se distribue quelque 18 000 pièces pour une valeur estimée à la revente de près de 2,5 millions d'euros .

«Le patrimoine maritime n’est pas inépuisable»

Ces fouilles sauvages « ont détruit beaucoup d’informations », selon Marie-Pierre Jézéquel, ingénieure d’études au département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (Drassm). « C’est une épave exceptionnelle, avec une collection rare de monnaie qui aurait dû rejoindre les collections d’un musée. »

Cette rareté a-t-elle pesé dans l’avis des juges ? Michel L’Hour, directeur du Drassm, se félicite que le tribunal ait pris «la juste mesure de ce pillage en bande organisée», qui mobilise des équipes du Drassm et de la Douane judiciaire. «Chaque fois que ces types détruisent une épave, ce sont des livres d’histoire qui disparaissent. Le patrimoine maritime n’est pas inépuisable. J’espère que cette condamnation freinera les ardeurs d’autres.»

© Le Marin - l'hebdomadaire de l'économie maritime

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