Même biodégradables, les plastiques sont nocifs pour les océans

Ils ont beau représenter un certain progrès dans la gestion des déchets terrestres, les plastiques dits biodégradables restent nocifs pour les océans. En cause : les conditions de biodégradabilité, qui ne sont que rarement (voire jamais) réunies dans un environnement marin.

Rac plastic bag

Le milieu marin ne réunit pas les conditions nécessaires à une biodégradabilité satisfaisante des plastiques - (Photo : DR)

C’est le constat effectué par une toute récente étude intitulée Plastiques biodégradables et déchets marins. Fausses idées, inquiétudes et impacts sur les environnements marins, dirigée par le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) et réalisée par Peter John Kershaw.

Commandée à l’occasion du 20e anniversaire du Programme d’action global pour la protection du milieu marin contre la pollution due aux activités terrestres, cette étude avait pour but de vérifier la thèse selon laquelle «les plastiques considérés comme biodégradables pouvaient jour un rôle important dans la réduction des impacts environnementaux» dus aux 20 millions de tonnes de plastiques qui, selon le PNUE, finissent chaque année dans les océans du globe et mettent en danger leur écosystème.

Bonne idée, puisque la conclusion de cette étude montre au contraire que même les plastiques issus des polymères dits «biodégradables» (sujet qui fait déjà l’objet de moult débats entre spécialistes) les plus utilisés pour la fabrication des objets courants ne rencontrent pas, une fois jetés à la mer, les conditions nécessaires pour s’y dégrader… en tout cas sûrement pas aussi rapidement qu’à terre.

Changement de comportements

Et le constat est le même pour les plastiques oxodégradables qui, après leur fragmentation en de minuscules morceaux sous l’effet de la chaleur et de la lumière, notamment, sont censés se biodégrader. Là aussi, les conditions en mer réduisent et ralentissent ces phénomènes, portant de deux à cinq ans le seul processus de fragmentation. Un laps de temps durant lequel les plastiques continuent de polluer les océans et de représenter un risque pour la faune marine.

La conclusion de l’étude est donc sans appel quant à ces plastiques. «Leur utilisation répandue ne résoudra en rien le problème des déchets marins et de leur impact sur l’écosystème», conclut Peter John Kershaw. D’autant qu’apposer une mention «biodégradable» peut inciter les usagers à changer leurs comportements et à faire preuve d’une moindre vigilance dans la gestion des déchets, soulignent les experts.

© Le Marin – l’hebdomadaire de l’économie maritime

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