La réserve naturelle des Taaf (Terres australes et antarctiques françaises) va gagner 550 000 km2

La France devrait rapidement atteindre, et même dépasser, son objectif de protection de 20 % de ses mers et océans. C’est Ségolène Royal, ministre de l’Écologie, qui l’a annoncé en inaugurant, le 12 novembre, le pavillon Tara, océan et climat installé devant le Grand-Palais, à Paris, dans le cadre de la Cop 21.

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(Photo : Raphaël Ortscheidt)

Alors que les aires marines protégées couvrent actuellement 16,52 % des eaux françaises, c’est l’extension de la réserve naturelle des Terres australes et antarctiques (Taaf) qui doit permettre d’atteindre l’objectif national. D’une superficie de 22 700 km2 (15 700 km2 de domaine maritime et 7 000 km2 de surface terrestre), la réserve naturelle des Taaf, déjà la plus grande de France, devrait gagner 550 000 km2 supplémentaires, l’équivalent de la France métropolitaine. En pratique, la réserve couvrira alors l’intégralité des mers territoriales des îles Crozet, Saint-Paul et Amsterdam, et de l’archipel des Kerguelen, et 30 % de leurs zones économiques exclusives (ZEE).

Une extension qui a «du sens»

«Cela fait des mois qu’on y réfléchit, réagit, le vendredi 20 novembre, Christophe Jean, le secrétaire général de la collectivité des Taaf. Nous avons commencé à faire des études pour voir dans quels secteurs cette extension pourrait se situer.» Si l’extension de la réserve naturelle ne répond pas à une nécessité de protection immédiate, la pression des pêcheries et de la navigation reste modérée dans ces eaux, les scientifiques qui travaillent dans les terres australes y voient l’opportunité de mieux prendre en compte la continuité écologique depuis la zone terrestre jusqu’à la limite des ZEE. «Bien sûr, continue Christophe Jean, il est plus facile d’étendre les aires marines protégées dans les australes qu’en Méditerranée ou en façade atlantique. Mais ça a du sens écologiquement et scientifiquement.»

La collectivité, qui célébrera les dix ans de la réserve naturelle, l’an prochain, veut également y voir la reconnaissance de sa capacité à faire cohabiter des problématiques qui, ailleurs, peuvent être antagonistes. Avec cette extension, qui ne sera pas effective avant quelques années, la réserve naturelle des Taaf deviendra la cinquième plus grande aire marine du monde.

© Le Marin – l’hebdomadaire de l’économie maritime

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