Les outils de sélectivité testés par les pêcheurs

Le panneau à merluchon dans le gorget du chalut à langoustines : «J’ai fait toute ma saison avec, sans perte commerciale», témoigne Thierry Evain. Le panneau à maille carrée en T90 : «Je n’y croyais pas trop au début, mais c’est vraiment impressionnant !», confie Yves Roux.

Selec source aglia

Efficacité pour les rejets, pertes commerciales : les outils sélectifs ont été testés par de nombreux pêcheurs. (Photo : Aglia)

Ces patrons ont témoigné à l’issue du point d’étape sur deux programmes de sélectivité, Redresse et Celselec, organisé à Itechmer par l’organisation de producteurs Pêcheurs de Bretagne et l’Aglia, avec les chercheurs de l’Ifremer.

À la pêche à la langoustine, Thierry Evain a comparé les prises de ses chaluts jumeaux, l’un équipé du gorget à mailles carrées, l’autre non, dans le cadre du programme Redresse (golfe de Gascogne). L’évitement a été «flagrant visuellement sur le merluchon, dès qu’on l’a mis en place. Et ça fonctionne bien aussi pour le chinchard. Ce n’est que positif». Il adopte le système : «Je vais sans doute mettre le gorget sur mes quatre chaluts (il a deux enrouleurs).»

Yves Roux, retraité depuis avril du chalutier La Pérouse, y a testé des outils sélectifs, cette fois dans le cadre du programme Celselec (en mer Celtique). Notamment le panneau à maille carrée en T90. «Sur certaines espèces, c’est quasi du 100 % : sanglier, maquereau, chinchard, petite cardine, petit grondin. Sans perte commerciale. On l’a testé surtout à la pêche au cabillaud, merlan et lotte. C’est vraiment un truc super.» Il sait de quoi il parle : «En chalut jumeau, la comparaison est directe, évidente.» Un bémol : le contrôle. «Les Irlandais refusent de mesurer la maille dans le sens T, et en T90, la maille rétrécit vite, on a dû augmenter le maillage.»

Panneau maille carree

Le panneau à maille carrée. (DR)

Sur Le Battant, Éric Redon a aussi testé une rallonge en T90 : «J’en suis content, je m’en sers encore. Je n’ai pas de perte commerciale, seulement sur la cardine, mais en T4, ça ne me gêne pas. Et c’est aussi positif pour la qualité.»

Aussi encourageante : la nappe séparatrice dans le chalut : «On retrouve 90 % de merlus en partie haute et 90 % de langoustines en partie basse», constate Pascal Larnaud, de l’Ifremer. Moins convaincante : la boule dispersive pour éclater les bancs de poisson et favoriser l’échappement. Les essais ont aussi essuyé des échecs : trop de pertes commerciales et manque d’efficacité de certains outils. Mais tout dépend de la stratégie de pêche : aux patrons de choisir leurs outils, d’en changer…

Ce film présente, schémas et vidéos à l’appui, les principaux dispositifs testés grâce au soutien financier de France filière pêche, et les résultats (synthèse ci-dessous).

Synthèse de la conférence : syntheseconference.pdf (396.2 Ko)

© Le Marin – L’hebdomadaire de l’économie maritime

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