Bar, sole, quotas : la pêche en 2016 se joue à la mi-décembre

Le conseil des ministres européens de la pêche des 14 et 15 décembre déterminera les quotas de pêche 2016, avec des craintes surtout pour la sole. Il doit aussi se prononcer sur les mesures de gestion du bar.

Lf sole et bar reduit

Au-delà des quotas, avec de fortes inquiétudes pour la sole, le conseil des ministres à Bruxelles va déterminer des mesures de gestion pour le bar. (Photo : Lionel Flageul)

Le stock nord de bar est dans un état très préoccupant. Les ministres doivent se prononcer sur la proposition de moratoire de six mois suivi d’une limite à une tonne par mois, qui condamnerait les ligneurs, au plus faible impact. Des mesures aussi injustes peuvent-elles passer ? La raison voudrait que non, mais la pêcherie de bar est très franco-française, face à des pays dont certains ont interdit la pêche professionnelle, et d’autres ont des intérêts dans l’aquaculture du bar.

«Ma priorité sera de trouver une mesure qui protège les ligneurs», s’est engagé Alain Vidalies, le secrétaire d’État chargé de la pêche, interpelé par les députés lors de son audition à la commission des affaires européennes de l’Assemblée nationale ce 8 décembre (accès à la vidéo).

Le bar ne met donc pas la France en position de force pour ce conseil où se jouent les quotas 2016, pour lesquels la sole est «le sujet majeur», estime Alain Vidalies. Le Ciem préconise -37 % pour la sole du golfe de Gascogne et -32 % en Manche est, dans l’objectif d’atteindre le RMD (rendement maximal durable) en 2016.

Équilibre socio-économique fragilisé

Ces baisses drastiques fragiliseraient grandement l’équilibre socio-économique des flottilles et des ports les plus dépendants. «Attaché à la gestion au RMD», Alain Vidalies rappelle la possibilité de l’atteindre «au plus tard en 2020 si la viabilité sociale et économique des pêcheries concernées est mise en péril». Il défendra des mesures de gestion complémentaires pour limiter la baisse de quota.

Autres préoccupations : l’avis du Ciem en mer Celtique de -27 % pour l’églefin et -30 % pour le cabillaud ; l’obtention de plus de souplesse pour la pêche des raies dont certaines espèces abondent ; et les baisses de 20 % proposées par précaution quand l’avis scientifique est incomplet, même quand l’analyse des tendances montre une stabilité des stocks.

Avant conseil, des ONG appellent aussi à respecter les avis scientifiques. Ainsi la Nef (New Economics Foundation) a sorti il y a quelques jours une étude dénonçant, sur 15 ans, des quotas en moyenne 20 % au-dessus des avis scientifiques.

En tonnes, les plus grands gagnants sont le Danemark et le Royaume-Uni. En proportion de leurs tonnages, les dépassements profitent surtout à l’Espagne, au Portugal, aux Pays-Bas, à l’Irlande, l’Allemagne, le Royaume-Uni, puis en septième position à la France. «La situation s’améliore», reconnaît cependant la Nef : le dépassement pour toute l’UE a chuté de 33 % en 2001 à 7 % en 2015.

© Le Marin – l’hebdomadaire de l’économie maritime

Ajouter un commentaire

Code incorrect ! Essayez à nouveau