News du 9 avril 2015

Et si les plus belles plages de France étaient en Bretagne ?

Les plus belles plages bretonnes... et il en manque beaucoup !

10 photos pour le plaisir...

Pour en voir plus et découvrir la situation géographique de ces paradis :

Clio Bayle - © Détours en France - http://www.detoursenfrance.fr/patrimoine/patrimoine-naturel/les-plus-belles-plages-de-bretagne-2786

La première réserve française d’oiseaux de mer.

Les plus beaux oiseaux de la Réserve des Sept-Îles (Côtes d'Armor).

Quelques photos des espèces présentes sur le site :

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Le fou de Bassan : plus de 20 000 couples de fous de Bassan sont visibles de fin janvier à octobre. C’est une colonie unique en France, bruyante et odorante ! C’est aussi la population la plus méridionale d’Europe. Le comptage de la colonie de fous de Bassan se fait par photos aériennes, l’unité de mesure étant le nid avec un couple reproducteur.

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Le macareux moine. Ces oiseaux sont originaires de l’Atlantique Nord ; leur fief se situe en Islande où l’on dénombre des millions de couples. Dans l’archipel, la population est stable depuis 10 ans : entre 150 et 200  couples. Les Sept-Îles a toujours été un site privilégié de l’espèce pour la France métropolitaine. En France, l’espèce est rare, mais elle n’est pas menacée au niveau mondial. Il existe aussi des colonies de macareux à Saint-Pierre-et-Miquelon.

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A gauche : le fulmar boréal (80 couples sont présents dans l’archipel.)

A droite : le cormoran huppé (240 couples ont été dénombrés en 2014).

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A gauche : le guillemot de Troïl (une trentaine de couples sont présents).

A droite :le pingouin troda (près d’une quarantaine de couples).

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La réserve des Sept-Îles en quelques dates

•1912 : La LPO est à l’origine de la co-création de la Réserve ornithologique des 7 îles. Une décision motivée par le massacre des macareux moines provoqué par les chasseurs.

•1976 : création de la réserve naturelle (arrêté ministériel). Cela englobe l’ensemble de l’archipel et garantit la protection de la faune, de la flore et des paysages.

•1984 : ouverture de la Maison de la réserve pour l’accueil du public.

Comment découvrir la Réserve des Sept-Îles

La station LPO (Maison de la réserve naturelle des Sept-Îles) est ouverte au public d’avril à septembre.

A la station

Expo permanente sur l’écosystème de Sept-Îles. Découverte des différents milieux naturels et espèces qui peuplent l’archipel. On peut y voir un rocher sur lequel sont présentés des « faux » oiseaux en taille et couleur réelles. Egalement : une salle dédiée au milieu marin, un écran montrant des images de fous de Bassan en direct de Rouzic…

La station LPO de l’Île Grande abrite aussi un centre de soins pour oiseaux sauvages où sont recueillis et soignés les oiseaux sauvages de Bretagne. Quelque 1300 oiseaux ont été recueillis l’an dernier.

La LPO propose des animations en juillet-août pour le grand public.

En bateau : En juillet-août, circuit de 2 heures pour découvrir la réserve. Ces sorties en vedette sont commentées par un guide LPO ; plusieurs haltes sont prévues afin d’observer les oiseaux avec des jumelles prêtées à bord, sans débarquer.

A pied : Visite commentée par un guide LPO à la découverte des différentes espèces d’oiseaux et de leur comportement.

Des sorties à marée basse et des sorties botaniques sont également organisées.

Toutes les visites partent de la station LPO de l’Île Grande.

La réserve des Sept-Îles en quelques chiffres

La réserve des 7 Îles, ce sont 4 kms au large des roches de Ploumanc’h (Perros-Guirrec) et 208 ha dont 40 de terres toujours émergées et 240 d’estran. A marée haute, on distingue les îles et îlots suivants : île aux Moines, l’île Plate, l’île de Malban, l’île Rouzic, l’île Bono, les îlots aux Rats ainsi que le récif du Cerf et les récifs des Costans.

Emmanuelle Saporta  - © Détours en France - http://www.detoursenfrance.fr/patrimoine/patrimoine-maritime/les-plus-beaux-oiseaux-de-la-reserve-des-sept-iles-2784

Salon nautique breton ce week-end

L'Orient Nautic se tiendra du vendredi 10 avril au dimanche 13 avril à la base des sous-marins de Lorient. Cette 3e édition fait le plein de nouveautés.

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Le salon des professionnels du nautisme de la Bretagne Sud accueille les visiteurs autour de 4 villages dédiés à l'ensemble de la filière nautique. Avec des espaces à flots et à terre, le salon se consacre aussi bien au neuf qu'à l’occasion : voile, moteur, sports nautiques, équipements, loisirs emploi ou encore formation, tous les secteurs seront représentés. Ce sera également l'occasion d'assister au départ de la Lorient Bretagne Sud Mini, la 1ere course Mini 6.50 de la saison, en Atlantique.

Ce sont environ 50 stands qui accueilleront les visiteurs, qui pourront faire leurs choix parmi les 70 bateaux exposés à terre et les 80 unités à flots. L'année dernière, 10 000 visiteurs s'étaient rendus sur place.

Cette année, le salon innove avec la création de 4 villages, implantés sur les 5 hectares de la base des sous-marins :

La "Vitrine des professionnels" sur terre-plein et sous le grand chapiteau à l’entrée du salon.

La "Course au large" sur les pontons de avec la course Lorient Bretagne Sud Mini.

Les "Occasions et bonnes affaires" sur l'esplanade de la cité de la voile Éric Tabarly

Les "Animations et stades nautiques" sur les quais et dans le port de la BSM.

De nombreuses animations se dérouleront sur toute la durée du salon à terre (phare d'escalade, skates électriques…) et à flots (paddles, mini-dériveurs, catamarans…). Les visiteurs pourront également assister à la grande présentation de l'étape française de la Volvo Ocean Race, qui se déroulera à Lorient, du 9 au 16 juin prochain.

Le navire braconnier Thunder coule dans d'étranges circonstances

Opération Icefish : Les derniers moments du braconnier notoire Thunder qui pillait illégalement et impunément les eaux antarctique depuis de nombreuses années.

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Les navires de Sea Shepherd restent à une distance de sécurité du navire braconnier en perdition - Photo: Simon Ager

A 11h52 GMT( le 6 avril), le fameux braconnier Thunder a coulé dans la ZEE de Sao Tome.

Un peu plus tôt, le capitaine du Bob Barker, Peter Hammarstedt, recevait un appel de détresse du capitaine du braconnier Thunder. Celui-ci nous informait que son navire prenait l'eau et que lui et son équipage étaient en danger. Nous avons immédiatement dépêché un semi rigide sur place pour nous rendre compte de la situation et leur porter assistance.

Habituellement lorsque qu'un navire coule, le capitaine fait fermer toutes les trappes afin de maintenir la flottabilité. Or dans le cas présent, c'est l'inverse qui a été fait - les portes et les trappes étaient maintenues ouvertes avec des cordes et la cale à poisson était également ouverte. Le moins que l'on puisse dire, c'est que la situation est très suspecte.

Le capitaine du Bob Barker, Peter Hammarstedt, a déclaré : "J’ai envoyé mon chef mécanicien pour analyser la situation à bord du Thunder. Il a pu collecter des preuves suite à l’abandon de l’équipage, ces preuves incluent la présence de poissons que nous identifions comme des légines australes. Nous avons alerté les autorités compétentes dont nous attendons toujours une réponse."

A l'heure actuelle, les deux navires de Sea Shepherd le Bob Barker et le Sam Simon sont en train de secourir et de récupérer à leur bord l'ensemble des 40 membres d'équipage du Thunder, incluant les officiers, le capitaine et l'équipage de pont. Tous ont pu embarquer dans des canaux de survie avant que leur navire ne coule complètement. Nous leur avons fourni eau, nourriture et un accès aux toilettes.

Se trouvant à 4000 mètres de fond, il sera très difficile de mener l'enquête ultérieurement mais nous avons tenté de recueillir le maximum de preuves à bord avant que le bateau ne coule complètement.

Le Thunder était le bateau pirate le plus connu de la "bande des 6" recherchés par Interpol pour braconnage de la légine dans l'océan Austral. Les navires de Sea Shepherd traquaient le navire braconnier depuis maintenant 110 jours, soit la plus longue poursuite de l'histoire maritime.

© Sea Shepherd France – Officiel - https://www.youtube.com/watch?v=SQ71Y_g116A&feature=player_embedded 

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Des esclaves à bord ?

Une dizaine de jours plus tôt, ce navire qui battait pavillon du Nigeria a été radié des registres de ce pays africain. Il figure à la fois sur la liste de navires soupçonnés de pêche illégale ou irrégulière établie par la CCAMLR (Commission pour la conservation des ressources marines de l’Antarctique) ; et sur celle des navires recherchés par Interpol pour braconnage de la légine dans l’océan Austral, avec cinq autres navires.

Suite à cette radiation, un autre drame s’était noué à bord du Thunder : une tentative de suicide d’un marin indonésien. L’ONG soupçonnant que l’équipage soit exploité, voire victime de trafic d’humains, avait alors tenté d’adresser des messages proposant un accueil à leur bord. Les messages, dans des bouteilles en plastique, ont été interceptés par les officiers, a priori d’origine espagnole selon l’association. « Je suis convaincu que l’équipage indonésien du « Thunder » est issu du trafic d’êtres humains tel que défini par la Convention des Nations unies contre la criminalité transnationale organisée », a indiqué Peter Hammarstedt. Avec un équipage « retenu contre son gré » et n’étant « pas en mesure de communiquer librement ».

© Le Marin

Création du parc marin de la Gironde et des pertuis charentais

Samedi 4 avril, Ségolène Royal a signé le décret de création du septième parc naturel marin de France : celui de l’estuaire de la Gironde et de la mer des Pertuis charentais. Un projet enlisé depuis 2010, puis relancé par la ministre de l’Écologie en juin 2014.

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Ce parc s’étendra sur plus de 6 000 km2 et 700 km de côtes, du sud de la Vendée jusqu’en amont de l’estuaire de la Gironde, comprenant ainsi la pleine mer au large avec le panache de la Gironde, la mer des pertuis (pertuis Breton, pertuis d’Antioche et de Maumusson) et l’estuaire de la Gironde.

Ce secteur abrite « un patrimoine exceptionnel », précise le ministère, avec « une mosaïque d’habitats interconnectés » : fonds rocheux, vasières, îlots, sables, où vivent de nombreuses espèces (tortue luth, requin pèlerin, mammifères marins, anguille, maigre, crevette...). C’est aussi « une zone majeure » pour les espèces migratrices d’oiseaux ou de poissons comme l’esturgeon d’Europe, espèce en voie d’extinction.

Et une zone d’activités professionnelles et de loisirs : ports, dragage, extraction de granulats, conchyliculture, pêche professionnelle, nautisme, tourisme balnéaire… Les eaux côtières abritent les élevages d’huîtres et moules, et des nourriceries pour les juvéniles de poissons comme les bars, tandis qu’au large, les fonds abritent notamment les soles, une espèce de haute importante pour les pêcheurs.

Le parc « proposera des mesures pour assurer la protection des écosystèmes tout en permettant le maintien ou le développement durable des activités économiques », assure le ministère. Il peut constituer une chance pour les activités halieutiques, notamment pour l’amélioration des connaissances scientifiques et la protection de la qualité des eaux. Le parc sera géré par un conseil de gestion composé d’acteurs locaux représentant les différents usagers de l’espace marin (57 membres sont prévus). Sa gouvernance a été récemment revue.

Parc marin

La France compte déjà six parcs naturels marins : Iroise (au large du Finistère), Mayotte (dans le canal du Mozambique), golfe du Lion (au large de l’Aude et des Pyrénées-Orientales), Glorieuses (contigu à celui de Mayotte), estuaires picards et mer d’Opale (au large de la Somme, du Pas-de-Calais et de la Seine-Maritime) et bassin d’Arcachon. Trois sont en projet : dans le golfe normand-breton (Manche), au Cap Corse et en Martinique.

© Le Marin

Étiquetage du poisson : un guide à l’intention des professionnels

Mais pas que... ce peut être très utile à tout consommateur.

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Depuis le 13 décembre 2014, en théorie, on doit trouver l’engin et une zone de pêche plus précise qu’auparavant sur les étiquettes des produits de la mer. Ce sont les deux grandes nouveautés des dernières règles de l’Organisation commune des marchés.

Voici un guide de poche destiné aux professionnels pour y voir plus clair et mieux appliquer ces règles d’informations aux consommateurs.

Édité par la Commission européenne, ce guide est sorti récemment dans sa version française. Il différencie les informations obligatoires des volontaires, contient des exemples d’étiquettes, et des références réglementaires. Plus d’informations sur ces nouvelles règles : Eu new fish and aquaculture consumer labels pocket guide frEu new fish and aquaculture consumer labels pocket guide fr (3.58 Mo)

Pour mieux connaître les zones de pêche, les engins utilisés et leur incidence sur l'environnement : http://www.loceanalabouche.com/pages/poissons/techniques-de-peche-et-environnement/techniques-de-peche-et-environnement.html

La pêche électrique, candidate au MSC

La pêcherie néerlandaise de sole et plie au chalut électrique, décriée côté français, est entrée en évaluation MSC. C’est « une opportunité d’ouvrir le dialogue sur la durabilité de la pêche au chalut à impulsion », souligne le MSC. Sauf que le recul manque sur son impact.

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Cette technique consiste à faire passer un courant dans le fond marin. Les muscles des poissons se contractant, soles et autres poissons plats décollent du fond et se font happer par le chalut. Les Pays-Bas ont commencé en 2006 en équipant 5 % de leurs chalutiers à perche de ce système, à titre expérimental et dérogatoire, car il est interdit en Europe.

Ils avaient alors, a priori, 22 navires équipés. En 2011, ils ont obtenu 20 licences de plus, passant à 42. Un nombre encore doublé début 2014 via le montage d’un projet pilote, passant à 84 licences, soit près de 20 % de la flottille. Il est probable qu’environ 70 navires néerlandais soient équipés de chaluts électriques.

Le doublement de cette pêcherie a soulevé les protestations, il y a un an. En première ligne, le comité des pêches Nord – Pas-de-Calais – Picardie, soutenu par le Comité national des pêches qui a affirmé son opposition à ce chalut, dénonçant une concurrence déloyale et un impact environnemental désastreux. Des pêcheurs belges sont aussi contre, mais on les entend peu : beaucoup de navires belges sont sous capitaux néerlandais.

Pétition au Royaume-Uni

Des pêcheurs britanniques accusent aussi cette technique d’engendrer de la casse sur la petite sole et... les prix du marché. Il circule sur internet une pétition contre le chalut électrique, émanant du département de l’environnement au Royaume-Uni (Defra), qui a déjà enregistré plus de 61 000 signatures.

Côté écologistes, le WWF a dénoncé cette méthode « destructrice avec des effets très néfastes sur les requins et les raies, sensibles à l’électricité ». Et l’association Robin des bois est montée au créneau contre cette « aberration ». Des ONG craignent un développement non encadré de cet engin, incontestablement très efficace. Les Chinois, qui avaient développé une pêcherie de crevettiers au chalut électrique dans les années 1990, seraient ainsi allés droit dans le mur.

Les Néerlandais, eux, se prévalent d’un moindre dommage aux poissons et aux fonds marins, et mettent en avant la consommation de gas-oil diminuée de 20 à 40 % et le peu de captures accessoires. L’amélioration de la sélectivité laisse sceptique côté français, comme l’efficacité des contrôles. Manifestement, le recul et la connaissance manquent pour y voir clair.

Des études en cours

Plusieurs études sont en cours : le groupe de travail du Ciem (organisme scientifique européen) sur ce sujet attend les résultats de thèses menées sur l’impact de ce chalut notamment sur la sole et la roussette. Des tests comparatifs entre engins sur l’impact sur les fonds sont aussi en cours à travers le projet européen Benthis. Et il y a un suivi du projet pilote réalisé par les pêcheurs néerlandais.

De l’aveu même des Néerlandais, qui ont présenté il y a quelques jours l’avancement de ces travaux lors d’une rencontre sur Natura 2000 en Flandre, les résultats sont toujours attendus et il y a encore beaucoup d’inconnues : impact sur les raies, les juvéniles, etc. Quant aux ulcères constatés sur les limandes dans les eaux belges depuis 2011, que les pêcheurs français ont dénoncé avec photo saisissante à l’appui, le problème s’observe là où le chalut électrique est pratiqué, mais sans lien de cause à effet de démontré.

Face à tous ces doutes, la démarche paraît précipitée pour solliciter un écolabel. Le MSC, lui, indique que « l’équipe d’évaluation prendra en compte toutes les données disponibles sur les impacts potentiels de la pêcherie sur les populations d’espèces ciblées mais aussi non ciblées » et « sur les habitats et les écosystèmes de la zone de pêche ». Il rappelle que « c’est un processus ouvert et consultatif », et « encourage tous ceux qui ont des informations pertinentes sur cette pêcherie à y participer », auprès de l’organisme de certification Acoura Marine (contacts sur le site du MSC).

Les réactions ne manqueront sans doute pas, comme pour l’entrée en évaluation de l’armement Scapêche pour des espèces profondes pêchées au chalut, qui a fait bondir les opposants à cette pratique. Si le MSC certifie ces pêcheries, quel qu’en soit le bien-fondé, elles gagneront sans doute de la crédibilité… mais lui risque d’en perdre.

© Le Marin

L’anchois basque espagnol décroche le MSC

 

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La pêche de l’anchois à la bolinche en mer Cantabrique (dénomination en Espagne du sud du golfe de Gascogne) a été certifiée par l’écolabel MSC. La certification, réalisée par Bureau Veritas, couvre 58 navires, qui représentaient en 2013 près de 7 000 tonnes de captures.

Il s’agit surtout de navires de plus de 30 mètres, où la pêche est conditionnée directement à bord en caissette glacée. Après la fermeture de la pêche à l’anchois subie entre 2005 et 2010, cet écolabel est une belle reconnaissance du retour du poisson bleu et de sa bonne gestion.

Thon : l’Union Européenne nage à contre-courant

Banc de thons

Alors que depuis plusieurs années, les dispositifs de concentration de poisson (DCP) sont accusés de servir une pêche meurtrière, l’Union européenne vient de présenter en amont de la prochaine session de la Commission des thons de l’océan Indien (CTOI) une proposition pour le moins déconcertante. Au lieu de mieux protéger les stocks de thon et l’écosystème marin, l’Union européenne propose au contraire d’ouvrir la porte à l ‘augmentation de ces néfastes engins de pêche.

On ignore combien de DCP sont déployés en mer

Jusqu’à présent, le nombre de DCP sur chaque bateau était laissé à la libre appréciation des opérateurs thoniers. A l’échelle mondiale, la gestion de la capacité des flottes de thoniers senneurs est si lamentable qu’on ignore la quantité exacte de DCP présents dans nos océans…

D’après une étude publiée par le Parlement européen en 2014, il y aurait environ 91 000 DCP déployés dans le monde. Il s’agit seulement d’une estimation (certainement basse…), les plans de gestion récemment approuvés par les organismes régionaux de gestion des pêcheries comportant souvent des clauses de confidentialité qui empêchent la publication de certaines données et préservent ainsi les intérêts de certains acteurs industriels.

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L’UE propose de « limiter » le nombre de DCP à 550 par navire…C’est quatre fois plus que les estimations actuelles !

L’UE a-t-elle fait une erreur de calcul ? Si les quelque 678 gros thoniers senneurs pêchant à plein temps le thon tropical décidaient de s’équiper de 550 DCP chacun, on compterait alors plus de 370 000 de ces engins dans nos océans – soit un chiffre quatre fois supérieur aux estimations du Parlement européen ! De plus, autoriser 550 DCP par navire dans l’océan Indien, d’où provient la plupart du thon en boîte vendu en France, pourrait créer un précédent susceptible d’être reproduit ailleurs… Ce serait alors la porte ouverte à toujours plus de surpêche !

Cette proposition est d’autant plus absurde et incompréhensible que lors de la dernière session de la CTOI l’an dernier, l’UE a rejeté une proposition de l’île Maurice de limiter le nombre de DCP par navire à 200 (une quantité que Greenpeace trouve déjà bien trop élevée !), au motif qu’aucune donnée scientifique ne justifiait ce chiffre.

Nous serions curieux de savoir où l’UE a trouvé des données scientifiques attestant qu’une quantité de 550 DCP par navire est sans danger pour la ressource !

Au cas où certains États membres l’auraient oublié, ils sont tenus par de nombreux instruments internationaux (dont l’Accord des Nations unies sur les stocks de poissons) d’appliquer le principe de précaution, à plus forte raison quand les données sont « incertaines, peu fiables ou inadéquates ».

Les capacités de pêche au thon ne cessent d’augmenter

En 2009, les pays industrialisés pêcheurs de thon (largement responsables de la surexploitation de la ressource) avaient préconisé de geler les capacités de leur flotte thonière. L’UE était à l’époque l’un des plus fervents défenseurs de cette proposition.

 Mais depuis, environ 110 gros navires sont venus gonfler la flotte mondiale depuis 2009, ce qui signifie que 678 thoniers senneurs pêchent actuellement le thon tropical à plein temps.

Non seulement ces nouveaux bateaux sont plus puissants que les anciens, mais leurs filets sont en outre beaucoup plus grands et ils utilisent des DCP. D’après de récentes études, le nombre de DCP dans les océans tropicaux a été multiplié par 2, voire 4, au cours des 10 dernières années. Parallèlement à cette prolifération, la Commission des pêches pour le Pacifique occidental et central a constaté une diminution des bancs de poissons.

À qui va profiter le crime ?

Aujourd’hui, les thoniers senneurs français affirment se limiter à 200 DCP par an.

En proposant de limiter ce nombre à 550, l’UE cherche-t-elle à inciter la flotte française à multiplier par plus de deux le nombre de ses DCP ? Ainsi, cette dernière donne l’impression de vouloir inciter les opérateurs qui utilisent moins de DCP à en utiliser plus pour rester compétitifs, alors que leur prolifération cause déjà des ravages. En effet, l’augmentation du nombre de DCP aura un impact sur ceux qui n’en utilisent pas ! Des données récentes démontrent qu’il est de plus en plus difficile de pêcher du thon listao sans DCP dans l’océan Atlantique et l’océan Indien occidental.

Ainsi, ce sont les bateaux les plus gros et équipés du matériel le plus sophistiqué qui vont tirer leur épingle du jeu. Une poignée d’entreprises de pêche thonière industrielle capables de prendre en charge toujours plus de DCP et d’investir dans des technologies toujours plus redoutables.

Cette proposition de l’Union européenne a pour réelle intention de mettre hors-jeu les petits opérateurs. Elle devrait être combattue par de nombreux acteurs de l’industrie thonière, par les pays qui ne possèdent pas ces bateaux-usines équipés de DCP, mais aussi par les négociants, les revendeurs et les consommateurs responsables.

© Greenpeace France - http://oceans.greenpeace.fr/thon-lunion-europeenne-nage-a-contre-courant?__utma=218051913.1075664686.1409575377.1428569574.1428573355.52&__utmb=218051913.4.10.1428573355&__utmc=218051913&__utmx=218051913.w_6AD-BGQCKqQbVtt16onA$0:2.I0gj6-sOR_aD7X2P2Q-PTw$0:0&__utmz=21805191&utm_source=facebook&utm_medium=post&utm_term=thon,ocean,DCP&utm_campaign=Oceans&__surl__=IgDKF&__ots__=1428650355257&__step__=1

 

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