News du 2 avril 2015

Les oiseaux migrateurs victimes du pillage des mers

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Les oiseaux migrateurs sillonnent le monde sans se soucier des frontières. Protégés en Europe, les fous de Bassan et les puffins sont en danger quand ils migrent le long des côtes de l’Afrique de l’Ouest, à cause des bateaux de pêche européens et chinois qui y pillent les ressources marines, entraînant perte de biodiversité et appauvrissement des populations locales.

Les ornithologues savent depuis longtemps que certaines espèces d’oiseaux marins migrateurs peuvent être observées en Europe et en Afrique à différents moments de l’année. Mais s’agit-il des mêmes individus ? Quelles routes de migrations empruntent-ils exactement ? Les fous de Bassan, les plus grands oiseaux marins d’Europe, qui nichent en juin sur l’archipel des Sept-Iles au large de Perros-Guirec en Bretagne, sont-ils les mêmes que ceux qui plongent en face de St Louis du Sénégal en hiver ?

Les puffins, petits albatros qui se reproduisent sur l’ile du Frioul en face de Marseille sont-ils ceux que l’on peut voir planer au large de la Mauritanie ? Cela y ressemble mais aucune preuve établie n’avait été donnée jusque-là.

Pour la première fois, entre 2010 et 2012, une équipe de chercheurs du CNRS a équipé soixante-cinq fous de Bassan et puffins de balises électroniques miniaturisés pour enregistrer leurs déplacements. Les appareils sont placés sur les oiseaux au printemps lorsqu’ils viennent en France pour se reproduire, et récupérés un an après, à leur retour.

Grâce aux données récoltées par les géo-locateurs, l’étude démontre que des populations importantes d’oiseaux marins qui nichent en France, passent l’hiver au large de l’Afrique de l’Ouest. Là, elles sont exposées aux conséquences de la surpêche et à une mortalité due aux captures accidentelles ou intentionnelles des bateaux de pêche.

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L’enregistrement des trajets des oiseaux effectués grâce à des balises Argos permet aux chercheurs de suivre précisément leurs mouvements entre la France et l’Afrique. Carte réalisée par Clara Péron (CEFE-CNRS/Agence des Aires Marines Protégées).

Pillage des mers par les bateaux chinois et européens.

Des pêcheries industrielles exploitent les ressources marines au large de l’Afrique de l’Ouest (Maroc, Sahara occidental, Mauritanie et Sénégal). Ces ressources sont très riches et attirent la convoitise des grandes nations de pêche : la Chine, la Russie et l’Union européenne. Cette zone concentre une des plus fortes concentrations de pêcheries légales et illégales au monde.

Un récent article scientifique (Daniel Pauly et coll en 2014) a pointé du doigt l’affluence exponentielle des pêcheries chinoises qui mettent en danger les ressources marines.

Parallèlement, le site Fishelsewhere a publié la liste de 238 bateaux européens qui opèrent au large du Sahara Occidental en toute impunité.

Cet état de fait est dû à plusieurs facteurs : le manque de moyens des pays africains pour lutter contre la pêche illégale, l’absence de législation spécifique de la protection des mers, et enfin la non reconnaissance du Sahara Occidental par le Maroc, qui de ce fait s’attribue le droit de vendre à l’Europe des permis de pêche au large de ses côtes.

Au final, un véritable pillage des ressources marines de l’Afrique de l’Ouest s’opère au détriment des pays riverains et de la sécurité alimentaire des populations.

Les oiseaux marins en danger.

Bien avant que les navires de pêche industrielle n’y sévissent, les zones poissonneuses des côtes de l’Afrique de l’Ouest ont été un vivier de nourriture pour les oiseaux marins migrateurs et les mammifères marins. Mais la forte pression des pêcheries légales et illégales met maintenant en péril la vie d’un grand nombre d’espèces animales.

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Pour les fous de Bassan et les puffins qui se nourrissent principalement de sardinelles, petits poissons pêchés intensivement par les hommes, la diminution des stocks devient de plus en plus critique.

Outre la famine, beaucoup d’oiseaux meurent tués par les filets et les lignes des bateaux, quand ils ne sont pas simplement chassés pour finir dans des containers chinois. En 2013, Les autorités mauritaniennes on saisit huit containeurs remplis d’oiseaux marins congelés (10 000) faussement estampillés « poisson » destinés à être consommés.

Les fous de Bassan et les puffins sont des espèces animales protégées intégralement en Europe et en France. Alors même que beaucoup d’argent est utilisé pour protéger ces oiseaux, des bateaux de pêches européens pillent les ressources de l’océan africain, essentielles à leur survie.

Que vaut une protection européenne, même à grands renfort de subventions, quand les espèces migratrices sont confrontées à la déréglementation de la pêche en Afrique de l’Ouest ?

Bénédicte Martin - ©Reporterre - http://www.reporterre.net/Les-oiseaux-migrateurs-victimes-du

SPI Ouest-France à La Trinité sur mer du 3 au 6 avril

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Le plus grand rassemblement de monocoques habitables en Europe.

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Programme :

Vendredi 3 avril

À partir de 8 h 30 : Émargement départ à la tente secrétariat.

11 h : Une ou plusieurs courses à suivre (ronds A, B, C, D).

À partir de 18 h : Programme à terre.

Samedi 4 avril

À partir de 8 h : Émargement départ à la tente secrétariat.

10 h 30 : Une ou plusieurs courses à suivre (ronds A, B, C, D) dont une grande course pour le rond C selon les conditions météorologiques.

À partir de 18 h : Programme à terre.

Dimanche 5 avril

À partir de 8 h 30 : Émargement départ à la tente secrétariat.

11 h : Une ou plusieurs courses à suivre (ronds A, B, C, D) dont une grande course pour le rond C selon les conditions météorologiques (si la grande course n'a pas été courue le samedi).

À partir de 18 h : Programme à terre.

Lundi 6 avril

À partir de 7 h 30 : Émargement départ à la tente secrétariat.

9 h 30 : Une ou plusieurs courses à suivre (ronds A, B, C, D).

16 h 30 : REMISE DES PRIX

Le temps qu'il fera à La Trinité ce week-end

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Le bal des bébés raie

Ça y est, la limite à 3 bars par jour pour la pêche de loisir est adoptée

Peche au bar

Bien après l’interdiction de la pêche pélagique du bar en zone nord jusqu’à fin avril, voici la suite des mesures d’urgence prises par l’Union européenne pour protéger le bar, dont le stock est critique : les pêcheurs de loisir (en bateau comme du bord et du quai) sont limités à trois bars par jour par personne en Manche*. Et non un seul comme il avait d’abord été proposé. S'y ajoute la taille minimale de 42 cm.

Le conseil des ministres européens de la pêche a adopté la proposition de la Commission européenne. La pêche récréative représente le quart des captures de bar, soit autant que la pêche pélagique. Ce loisir est pratiqué par quelque 1,3 million de pêcheurs à la ligne en France et 800 000 à 900 000 au Royaume-Uni, indique la Commission.

Elle sort à cette occasion une infographie (ici en français) présentant les mesures. Et rappelle que l’avis scientifique du Ciem sur le bar conseillait d’urgence une réduction des captures de 80 % (pour le stock nord). « Nous assistons à un rapide déclin du bar qui risque de conduire à un effondrement si aucune action n’est entreprise », se justifie-t-elle.

Au-delà des mesures d’urgence, un plan de gestion pluriannuel plus complet, prenant en compte l’ensemble des pêcheries, est attendu sur cette espèce.

* Le sud Bretagne n'est donc pas concerné... et les stocks du golfe de Gascogne non plus : Est-ce bien raisonnable en l'absence de connaissances scientifiques sur le volume de la ressource ? (note de l'océan à la bouche)

© Le marin – l’hebdomadaire de l’économie maritime

 

Faire part de naissance

Houat

Nous avons le plaisir de vous annoncer la naissance de triplés... de Cormorans huppés sur l'île de Houat (petite île à côté de Belle-Île en mer - Morbihan)...

Maman et papa sont très heureux et les bébés vont bien. Longue vie à eux.

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Les premiers oeufs de Cormorans huppés ont éclos dans l'archipel de Houat-Hoëdic (petites îles du Morbihan près de Belle-Île en Mer). Les poussins sont totalement nus lorsqu'ils sortent de leur coquille, mais le duvet commence à pousser dès les premiers jours. Ils resteront au nid, attendant patiamment que leurs parents leur apportent de petits poissons, puis il prendront leur envol dans 2 mois environ. Le Cormoran huppé est un oiseau marin qui vit en colonie dans les falaises et sur les îlots de l'Atlantique nord. Il construit un nid de végétaux et d'algues dans lequel il pond 3 à 4 oeufs. Les poussins naissent presqu'aussitôt car la reproduction, pour cet oiseau, commence en décembre.

© Marine Leicher et Matthieu Fortin - Bretagne vivante - avril 2015

Pêche autoure du monde... suite

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Les pêcheurs prennent la caméra pour faire connaître leur métier, et le suivi et la gestion des ressources. Le film Langoustine, entrez sans frapper (11 minutes), réalisé par René-Pierre Chever et Romain Le Bleis du comité des pêches du Finistère, et diffusé il y a quelques jours au festival international de films Pêcheurs du monde, explique ainsi la campagne Langolf’TV. Elle consistait à tester un nouveau mode de détermination du stock de langoustines, en les filmant devant leurs terriers. Un partenariat a été noué entre les pêcheurs, l’Ifremer et les chercheurs irlandais du Marine Institute qui les ont embarqués à bord de leur Celtic Voyager.

Le comité des pêches du Finistère n’en est pas à son premier film. Il avait déjà sévi l’an dernier au festival avec Pêcheur(s) de langoustines, où les patrons racontaient leur vécu. Et sa page Youtube regorge de pépites. Dans la série Manœuvre à bord…(films de 5 à 12 minutes), le comité des pêches a embarqué sur le dragueur Asta Buhen, le fileyeur Saint-Anne II et le chalutier langoustinier Cap Coz II.

Les initiatives de gestion des pêcheurs et les partenariats avec les scientifiques sont aussi au cœur de la série de films produits par l’association bretonne d’Avel Nevez Film (non visibles en lignes, mais les diffusions régulières lors d’événements sont annoncées sur leur site). Ceux présentés l’an dernier au festival évoquaient la cohabitation entre arts traînants et arts dormants (Pêcher ensemble, tout un art) et la réduction des rejets (Examen d’entrée pour les langoustines). Cette année, dans Homards à vos marques, de Quiterie Sourget, l’association montre la campagne de marquage et recapture des homards autour et dans le cantonnement de la Horaine, mis en place par les pêcheurs en 1966.

L’information partagée aide à la prise de décision de gestion et à leur acceptabilité, et à contrecarrer une communication parfois agressive sur la pêche. Présenter ces films devant le public offre aussi l’occasion de répondre à ses questions, aussi pertinentes que naïves : « C’est quoi les espèces des mers sales ? » (« démersales »).

La pêche française se fraie ainsi une place dans ce festival qui emmène les spectateurs sur tous les continents. Dans la programmation comme dans le jury, où se trouvaient par exemple cette année Robert Bouguéon, ancien président du comité des pêches du Guilvinec et actuel président de Pescacornouaille ; Micheline Dion, représentante de mareyeuses en Côte d’Ivoire et responsable du programme pour les femmes dans 15 pays d’Afrique de l’ouest ; et Élisabeth Tempier, engagée dans la reconnaissance des prud’homies et responsable du site et de la revue L’Encre de mer. La cuvée 2015, avec 44 films du monde entier, a été un beau succès et le cap des 2 000 spectateurs a été largement dépassé.

Autres articles suite au festival Pêcheurs du monde : La relève des filets et Les marins du Sainte-Marie.

© Le marin – l’hebdomadaire de l’économie maritime

Ci dessous, les 2 documentaires : "Langoustine, entrez sans frapper" et "Les marins du Sainte Marie"

 

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Palmarès de la 7e édition qui s’est tenue du 17 au 22 mars : Les films lauréats seront projetés à Lanester le 8 juin 2015, lors de la journée mondiale des océans.

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